Le gagnant de « Courir » est …

Bonjour les amis,

Aurélien Gobin a été tiré au sort ; en s’abonnant au blog (pour prise de contact par email et envoi) il recevra « Courir » de Jean Echenoz.

Si dimanche soir il ne l’a pas fait, je procéderai à un nouveau tirage au sort.

Et la semaine prochaine, une nouvelle chronique et un nouveau livre à gagner.

A suivre …

Courir, Jean Echenoz

Echenoz

Bonjour les amis,

La première lecture que j’ai choisi de partager avec vous est une biographie romancée de la vie de l’immense champion tchécoslovaque Emil Zatopek, triple médaillé d’or olympique à Helsinki (5.000m, 10.000m et marathon ; Notice Wikipedia).

L’auteur, Jean Echenoz, s’il est une pointure de la littérature, n’est pas une autorité de l’athlé. Cela fait du livre un roman à mettre entre toutes les mains, y compris celles qui n’ont jamais lacé de pointes, griffé le tartan sous les ordres du starter ou épinglé un dossard.

Ce petit livre (140 pages), que même des sportifs peuvent lire, est un condensé d’ironie. A l’ironie de la vie d’Emil Zatopek dont le premier métier sera de fabriquer des chaussures avant d’en devenir grand consommateur, qui ne sera pas mobilisé en temps de guerre mais deviendra soldat dès la paix rétablie, Jean Echenoz ajoute une évocation mordante des conditions matérielles et politiques de la vie quotidienne en Tchécoslovaquie pendant l’ère communiste.

J’ai appris, au fil de la lecture, pèle mêle, qu’Emil Zatopek n’est arrivé à la course à pied que sous la pression de son employeur, qu’il a introduit dans la course de fond le sprint final, inventé l’entraînement fractionné et que la plupart de ses exploits en terre tchécoslovaque ont eu lieu à Ostrava (aucun lien avec Strava).

L’énumération des différentes techniques d’entraînement conçues et testées par Emil Zatopek force l’admiration et laisse rêveur ; entre courir en retenant sa respiration jusqu’à en perdre connaissance et courir dans sa baignoire en foulant son linge, je ne sais dire ce qui m’a le plus interloqué.

J’ai apprécié que le style employé par Jean Echenoz s’accorde à l’idée qu’on se fait du niveau de réflexion d’un athlète ; cela donne au livre un accent d’authenticité qui nous plonge dans le récit. Je ne peux néanmoins m’empêcher de penser que ce snobisme partagé entre auteur et lecteur est probablement malvenu : Emil Zatopek parlait couramment neuf langues.

Enfin, Jean Echenoz a le mérite de suivre Emil Zatopek dans la disgrâce, au fond des mines d’uranium puis dans son emploi d’éboueur -reconnu et acclamé par les habitants- avant une tardive réhabilitation, une fois l’ère communiste consommée.

Et suivre Emil Zatopek, pas grand monde n’en a pas été capable. L’écriture précise, serrée, dynamique de Jean Echenoz est le plus bel hommage qui pouvait être rendu à un maître du mouvement.

« La course de fond est-elle une métaphore de l’écriture (…) ? Qu’importe. La question est ailleurs : pourquoi diable la lecture d’Echenoz – et de Courir singulièrement – nous procure-t-elle une si parfaite jubilation ? » Patrick Kéchichian (Le Monde).

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Jean Echenoz

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Jean Echenoz est né à Orange (Vaucluse) en 1947. Prix Médicis 1983 pour Cherokee. Prix Goncourt 1999 pour Je m’en vais.

Trois de ses derniers ouvrages, Ravel (2006), Courir (2008) et Des Eclairs (2010) constituent des « fictions sans scrupules biographiques ».

Jean Echenoz a tout d’un coureur.

Son style minimaliste (140 pages pour Courir, comme si les phrases avaient fait des efforts pour atteindre leur poids de forme pour une efficacité maximale), son ironie (Courir, après Je m’en vais ? Des biographies fictives ?) souvent présente chez les forçats du bitume confrontés à l’inanité de leurs efforts, la présence du mouvement dans ses oeuvres seraient susceptibles d’en faire un membre de la confrérie des coureurs.

Mais court il ?

Je n’en sais rien ; je vais le lui demander.

Combien y a-t’il de livres sur la course à pied ?

running_books

Bonjour les amis,

Ce n’est pas le tout de vous annoncer que je vais beaucoup lire et vous en faire profiter.

Encore faut-il savoir de combien de livres nous parlons. Aussi bien, si j’en lis un par semaine, que le stock existant est d’une cinquantaine et que la production annuelle de cinq, début 2018 nous aurons fait le tour de la question …

A question simple, bien entendu, réponse complexe.

D’après la FNAC, la catégorie compte 100 livres à ce jour (30/11/2016). Et l’observation de cette catégorie fait apparaître qu’au moins la moitié des meilleures ventes sont des guides pratiques (six ouvrages sur les dix premiers).

C’est tellement vrai que la collection « …pour les nuls » a commis trois ouvrages. « Courir un marathon pour les nuls » en 17ème place, « Courir pour les nuls » en 47ème place et « Je me mets au running pour les nuls » en 78ème place. Il est assez piquant d’observer que le classement est inverse au sens de progression en course à pied, comme s’il y avait plus de marathoniens putatifs que que de grands débutants.

Néanmoins, un examen plus approfondi de la liste fait apparaître que, justement, n’apparaît pas « Courir » de Jean Echenoz, relatant avec sobriété et maestria la vie d’Emil Zatopek. En revanche, en 57ème position de la liste apparaît un « Zatopek et ses ombres ». Il ne s’agit donc pas d’un boycott de la vie d’Emil.

Toujours à la FNAC, une recherche non pas par catégorie mais sur le mot « courir » indique 175 références avec les inévitables courses automobiles, courses alimentaires et romans dont les titres utilisent le mot courir. Triée par meilleures ventes, cette liste fait ressortir en cinquième position « Courir » de Jean Echenoz.

Comme Jean Echenoz n’est ni entraîneur, ni athlète de haut niveau ni même, pour ce que j’en sais, coureur, je comprends que son livre ne soit pas classé à la rubrique sport / course à pied. Même si cela ne m’arrange guère pour tenter de faire le tour de la question.

Mais comment comprendre le fait que la biographie de Marie-José Perec, intitulée « Rien ne sert de courir » n’apparaisse que dans cette deuxième liste et pas dans la première (où figurent des biographies, de Usaïn Bolt à Alain Mimoun) ?

En désespoir de cause, je décide d’abandonner l’outil FNAC qui me semble trop limitatif (j’ai chez moi une vingtaine de livres, en français, qui ne figurent sur aucune des deux listes, dont de grands classiques tels que « Courir, Mourir » de Lodoli qui n’est pas disponible sur l’ensemble du site) et mal indexé (un autre grand classique « La solitude du coureur de fond » de Sllitoe, bien que disponible sur le site quand on le recherche spécifiquement ne figure à aucune des deux listes).

Je me tourne donc vers Amazon. Et là, sidération. 3 335 résultats !

A suivre …