La solitude du coureur de fond, Alan Sillitoe

Bonjour les amis,

Tout est étrange dans ce long monologue qui constitue cette courte oeuvre écrite par un auteur détestant le sport mais qui a su capter l’essence même de la course à pied.

Etrange cette absence de suspens car l’issue est annoncée dès le début, étrange ce prisonnier qu’on laisse sortir chaque jour pour son footing, étrange ce champion qui ne rêve que d’avoir le courage de perdre pour ne pas se perdre.

La somme de ces étrangetés rend le récit poignant et poétique, les courses matinales dans le froid des brumes anglaises réelles et le souffle rauque de Smith, jeune délinquant en révolte contre l’ordre établi à défaut de l’être contre son destin, présent.

Manifeste anarchiste, à moins que ce ne soit un cri de révolte contre le déterminisme social et la condition ouvrière en Angleterre au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ce livre se lit comme il semble avoir été écrit, d’une traite.

Apre comme un cross d’hiver, ce texte nous laisse pantelants à l’arrivée, partagés entre le goût du sang et de la bile et le bonheur de n’avoir fait qu’un avec la course, de s’être abandonné au parcours.

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Le gagnant de « Courir » est …

Bonjour les amis,

Aurélien Gobin a été tiré au sort ; en s’abonnant au blog (pour prise de contact par email et envoi) il recevra « Courir » de Jean Echenoz.

Si dimanche soir il ne l’a pas fait, je procéderai à un nouveau tirage au sort.

Et la semaine prochaine, une nouvelle chronique et un nouveau livre à gagner.

A suivre …

Courir, Jean Echenoz

Echenoz

Bonjour les amis,

La première lecture que j’ai choisi de partager avec vous est une biographie romancée de la vie de l’immense champion tchécoslovaque Emil Zatopek, triple médaillé d’or olympique à Helsinki (5.000m, 10.000m et marathon ; Notice Wikipedia).

L’auteur, Jean Echenoz, s’il est une pointure de la littérature, n’est pas une autorité de l’athlé. Cela fait du livre un roman à mettre entre toutes les mains, y compris celles qui n’ont jamais lacé de pointes, griffé le tartan sous les ordres du starter ou épinglé un dossard.

Ce petit livre (140 pages), que même des sportifs peuvent lire, est un condensé d’ironie. A l’ironie de la vie d’Emil Zatopek dont le premier métier sera de fabriquer des chaussures avant d’en devenir grand consommateur, qui ne sera pas mobilisé en temps de guerre mais deviendra soldat dès la paix rétablie, Jean Echenoz ajoute une évocation mordante des conditions matérielles et politiques de la vie quotidienne en Tchécoslovaquie pendant l’ère communiste.

J’ai appris, au fil de la lecture, pèle mêle, qu’Emil Zatopek n’est arrivé à la course à pied que sous la pression de son employeur, qu’il a introduit dans la course de fond le sprint final, inventé l’entraînement fractionné et que la plupart de ses exploits en terre tchécoslovaque ont eu lieu à Ostrava (aucun lien avec Strava).

L’énumération des différentes techniques d’entraînement conçues et testées par Emil Zatopek force l’admiration et laisse rêveur ; entre courir en retenant sa respiration jusqu’à en perdre connaissance et courir dans sa baignoire en foulant son linge, je ne sais dire ce qui m’a le plus interloqué.

J’ai apprécié que le style employé par Jean Echenoz s’accorde à l’idée qu’on se fait du niveau de réflexion d’un athlète ; cela donne au livre un accent d’authenticité qui nous plonge dans le récit. Je ne peux néanmoins m’empêcher de penser que ce snobisme partagé entre auteur et lecteur est probablement malvenu : Emil Zatopek parlait couramment neuf langues.

Enfin, Jean Echenoz a le mérite de suivre Emil Zatopek dans la disgrâce, au fond des mines d’uranium puis dans son emploi d’éboueur -reconnu et acclamé par les habitants- avant une tardive réhabilitation, une fois l’ère communiste consommée.

Et suivre Emil Zatopek, pas grand monde n’en a pas été capable. L’écriture précise, serrée, dynamique de Jean Echenoz est le plus bel hommage qui pouvait être rendu à un maître du mouvement.

« La course de fond est-elle une métaphore de l’écriture (…) ? Qu’importe. La question est ailleurs : pourquoi diable la lecture d’Echenoz – et de Courir singulièrement – nous procure-t-elle une si parfaite jubilation ? » Patrick Kéchichian (Le Monde).

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Lire en courant. Quel est le livre idéal ?

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Bonjour les amis,

Telethon oblige, vendredi je m’aligne sur les 24h de Les Ulis.
Départ 19h (il fera nuit) et arrivée … 19h le lendemain, samedi.

Pourquoi s’imposer une telle épreuve ?

Le premier objectif, c’est contribuer.
Pour chaque kilomètre parcouru, un Euro est reversé au Téléthon.

Le deuxième objectif, c’est de pouvoir avoir une chance de me qualifier pour le Sparthatlon 2017.
Et pour ça, il faut courir 216 km (qualification directe) ou alors au moins 180 km (pour participer au tirage au sort).

Bref, pour chacun des deux objectifs, plus j’aligne de kilomètres, mieux c’est.

Le problème en longue distance, c’est de réussir à distraire son esprit suffisamment pour ne pas se rendre compte de l’effort qui reste à accomplir.

Je vais donc tester la solution audio book.
Et pour rester dans l’esprit running, je voudrais écouter un livre qui parle de course à pied.

A part Born to Run que j’ai déjà lu, quelles seraient vos recommendations ?
Toute suggestion est la bienvenue : il y va de mon kilométrage et, donc, de ma contribution au téléthon et de ma qualification éventuelle au Sparthatlon.

Merci à tous de vos idées, bonne semaine et bon running.