La bible du running de Jérôme Sordello

Bonjour les amis,

Quand j’ai vu cet ouvrage, j’ai immédiatement pensé à « L’être et le néant » de Jean Paul Sartre (pour ceux que cela interpelle, il peut être acquis ici) que, je vous rassure, je n’ai jamais lu.

Les débuts de l’ouvrage de Sartre ont été poussifs : à peine quelques exemplaires vendus la première semaine, encore moins la deuxième semaine et presqu’aucun la troisième semaine. Puis, soudainement, les ventes se sont envolées, passant de plusieurs centaines à plusieurs milliers par semaine. Incompréhension totale de l’éditeur qui mène son enquête : ce n’est pas tous les jours qu’un « essai d’ontologie phénoménologique » mobilise les foules.

Il apparaît que « L’être et le néant » pèse très exactement un kilogramme. Et qu’il est significativement moins cher qu’un poids en cuivre de un kilo nécessaire à l’utilisation d’une balance de cuisine de l’époque.

Les ménagères se sont donc jetées sur l’ouvrage pour compléter à moindre frais leur série de poids de référence.

Tout ça pour dire, donc, que Jérôme Sordello a produit un sacré pavé. Qui est inutilisable avec une balance ancienne puisque les 736 pages pèsent plus de 1,6 kg. Et que de toute façon, plus personne n’utilise de balance à poids en cuivre. Ni même ne cuisine.

Comme la bible, version liturgique, cet ouvrage imposant est donc resté longtemps sur ma table de chevet, sans être ouvert ; toujours recouvert par un autre livre que j’avais plus envie de lire.

Cela a été une erreur.

Le livre est très plaisamment découpé en 24 chapitres qui peuvent se lire indépendamment des uns et des autres et pas nécessairement dans l’ordre.

Chacun, selon son niveau, y trouvera un condensé thématique théorique et pratique. Il est donc probable qu’aucun coureur ne lise tout le livre mais il est certain que tous les coureurs y trouveront de la matière à réflexion et application immédiate.

La bible du running, comme son nom l’indique, devrait être l’ouvrage de référence de tout coureur. Pas nécessairement celui qu’on lit tous les jours, mais celui auquel on revient toujours.

Bref, une somme réussie qui sera une pertinente addition à une bibliothèque d’ouvrages d’entraînement.

Pour acquérir l’ouvrage et tout savoir, c’est : ici

Les enfants d’Achille et de Nike. Eloge de la course à pied ordinaire de Martine Segalen

Bonjour les amis,

Martine Segalen est principalement sociologue, accessoirement -mais assidument- coureuse. Elle allie un approche scientifique et une sensibilité qui font de son étude de la grande tribu des coureurs une lecture passionnante pour qui s’interroge sur ce qui nous fait courir.

Ce texte paru en 1994 a fait date … et date malgré une nouvelle introduction, de 2017, qui tente de le remettre au goût du jour.

Mais comme un vin de Bourgogne, il s’est bonifié avec le temps : on le lit désormais comme on a pu regarder Free to run, documentaire de 2016 relatant l’histoire moderne de la popularisation de la course à pied : avec recul et nostalgie, comme devant de belles photos sepia, et intérêt tant nous en apprenons sur nous-mêmes.

Pour vous offrir ce bon ouvrage, c’est ici

Le garçon qui voulait courir vite de Pierre Bottero

Bonjour les amis,

A force de vouloir lire toute la littérature course à pied, je finis par faire des erreurs. Le livre chroniqué cette semaine relève de la collection jeunesse et est adressé à un public « à partir de neuf ans ». Et il y est peu question de course à pied, mais plutôt sur la manière pour les enfants et jeunes adolescents de gérer deuil d’un des parents, reconstruction et harcèlement scolaire.

Et pourtant, le livre parle au coureur : ici, l’enfant choqué d’avoir vu son père périr, ne parvient plus à courir alors que c’était son plaisir quotidien. Il ne retrouvera ses jambes qu’une fois le traumatisme mental évacué.

Ce qui nous ramène, dans une moindre mesure, à notre pratique quotidienne. Si la course à pied est notre refuge et notre plaisir, ce refuge est-il bien l’inviolable abri que nous imaginons ou juste une éphémère parenthèse dans notre vie ?

Pour acquérir ce livre, c’est ici

Bonne lecture.

Les cinq meilleurs livres d’entraînement en course à pied

Bonjour les amis,

Vous vous êtes octroyés une coupure hivernale, vous avez réveillonné et vous vous apprêtez à prendre de bonnes résolutions pour l’année qui débute dans quelques jours.

Passerez vous du dix kilomètre au semi marathon ? Vous attaquerez vous au marathon ? Tâterez vous du trail ? Affronterez vous l’ultra trail ?

Dans tous les cas, vous voyez la reprise approcher à grands pas et vous voulez vous donner les moyens d’atteindre vos objectifs.

J’ai réuni ci dessous, pour vous, une sélection d’ouvrages de référence sur la préparation à ces objectifs. Cette sélection n’a pas d’autre raison d’être que ma subjectivité, qui est immense.

Bonne lecture et bonne année de course à pied et lecture à tous.

  1. Daniel’s running formula : Méthode d’entraînement du 800 mètres au marathon : http://amzn.to/2i5OKAn

Ce premier choix, très partial, est conforme aux choix d’entraînement que j’ai faits et qui m’ont permis, en dix huit mois, de passer de l’état de larve qui ne possédait pas même une paire de chaussures de sport à celui de finisher du Marathon des Sables (250 km dans le Sahara en autonomie alimentaire, pour en savoir plus http://www.42ans-42bornes.com) … les erreurs en moins. La méthode, semblable à celle popularisée par Serge Cottereau en France, convient aussi bien aux débutants qu’aux coureurs confirmés et s’appuie, beaucoup, sur la course en endurance fondamentale. Ce livre est la bible du running aux Etats-Unis et son auteur le pape de la course de semi fond et fond. Impossible de se tromper en adoptant la méthode … qui change de ce que préconisent majoritairement les entraîneurs français.

 

2. Ultra trail : plaisir, performance et santé : http://amzn.to/2i5Ynzc

Guillaume Millet, l’auteur, ne peut pas être soupçonné de ne pas connaître le sujet : il est à la fois un universitaire reconnu pour ses travaux sur l’endurance et un ultra traileur de très haut niveau puisqu’il a figuré au podium du Tor des Géants (330 km et 25.000 m de dénivelé positif). La somme de ces qualités aurait pu le conduire à produire un ouvrage abscons pour hyper spécialistes. Au contraire, c’est un guide formidable pour les débutants comme pour les trailers confirmés grâce à plusieurs niveaux de lecture. Pratique, instructif, sérieux, s’il n’y avait qu’un livre à lire pour l’entraînement d’ultra trail, ce serait celui ci.

 

3. La bible du running : le guide scientifique et pratique pour tous http://amzn.to/2hXe0cl

Contrairement à ce que le titre indique, je ne suis pas certain que cette bible soit adaptée à tous ; le coureur très confirmé, déjà versé dans la construction de plans d’entraînement et affilié à un club d’athlétisme restera sur sa faim. En revanche, pour 90% d’entre nous, du débutant au coureur amateur investi, c’est l’ouvrage parfait pour mieux comprendre ce que devrait être notre entraînement et comment l’organiser pour chaque séance s’inscrive dans un plan global et contribue à l’atteinte de nos objectifs.

 

4. La course à pied en 500 questions : tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le running sans jamais oser le demander. http://amzn.to/2hzyUBA

Pour être totalement transparent, je n’ai pas encore lu le dernier ouvrage de Bruno Heubi, le Père Noël ayant failli à sa mission. Je crois pourtant pouvoir sans risque le recommander. Il y a huit ans Bruno Heubi a écrit l’excellent « Courir longtemps, les clefs pour réussir » (http://amzn.to/2hzuf2o) ; il n’y a pas beaucoup de raisons pour qu’avec huit années d’expérience et recul de plus, le nouvel opus soit moins bien. A mettre entre toutes les mains pour répondre à toutes les questions légitimes qu’on peut se poser au moment de s’élancer à l’assaut d’un objectif.

 

5. 100 conseils pour ne pas finir un marathon : http://amzn.to/2hbPLu5

Pour se souvenir que la course à pied reste un plaisir et qu’il ne faut pas trop se prendre au sérieux, ce dernier choix est un anti manuel de course à pied décliné en mode humoristique. Au delà du sourire, ce qui n’est déjà pas mal, cet anti manuel a aussi pour avantage de nous amener à réfléchir sur ce que nous faisons de nos entraînements et sur pourquoi nous le faisons. Un salutaire exercice d’auto-dérision pour revenir à l’essentiel et ne pas se fourvoyer.

Le bagne de la liberté, Marc Desmazières

Bonsoir les amis,

Aujourd’hui, entre deux fêtes, j’ai choisi de vous parler d’un ouvrage frais et pétillant comme une coupe de champagne, aussi léger et travaillé que le divin nectar et qui, pourtant, ne vous saoulera pas.

En quatre-vingt seize chroniques enlevées, voire aériennes comme une foulée kényane, Marc Desmazières touche du doigt, comme le titre l’indique, toutes les contradictions de la condition de coureur au long cours, individualiste épris de liberté s’agglutinant en troupeaux de 45 000 pour courir des marathons.

Rien n’échappe à l’oeil acéré du vétéran du bitume et chaque coureur aspirant à un peu plus qu’un dix kilomètres dominical s’y retrouvera, gêné d’avoir beaucoup ri d’une lapidaire et ironique description … avant de s’y reconnaître.

Ce petit ouvrage qui illustre parfaitement que la liberté c’est choisir ses contraintes, est à mettre entre toutes les mains pour découvrir les arcanes de la course à pied et de la psyché de ses adeptes.

Pour le lire … https://marc-desmazieres.squarespace.com/livres/le-bagne-de-la-libert

Jeu concours : Gagnez « Courir, mourir »

Bonjour les amis,

Comme promis à l’ouverture de ce blog (Cours toujours !), je vous offre, après chaque revue d’un livre, un exemplaire de celui-ci.

Cette semaine, c’est donc Courir, Mourir de Marco Lodoli.

Pour le recevoir, rien de plus simple : vous partagez ce message sur réseaux sociaux (Facebook ou Twitter ou les deux), vous likez la page Facebook DesLivresPourCourir et vous attendez vendredi 23/12/2016 à 17h que je procède au tirage au sort.

Merci qui ?

Courir, Mourir, Marco Lodoli

Bonjour les amis,

Aujourd’hui je vous parle d’un récit aussi halluciné que s’il avait été écrit après le trentième kilomètre d’un marathon, quand le cerveau en manque de glucides amène les pensées à se fracasser contre un mur et les muscles se mettent à penser d’eux mêmes.

Cesare, le jour où il s’est d’un seul coup retrouvé sans famille, est allé s’acheter une paire de chaussures de course. Sans savoir pourquoi. Et le jour de son licenciement, a pensé : « A compter de ce jour, je vais pouvoir courir jour et nuit. »

Cesare, court son premier marathon, course à l’image d’une vie engloutie par la route et la nuit, ponctuée de brèves rencontres aussi bancales que furtives. Cesare court et vit lentement, sans but, sans raison mais sans relâche, chaque kilomètre entamé appelant le kilomètre suivant, chaque activité débutée avortée avant son terme afin de repartir en quête d’une inaccessible satisfaction.

Marco Lodoli (http://des-livres-pour-courir.com/marco-lodoli/), venu à la littérature par la poésie, nous donne à contempler une vie consumée par les flammes d’une éternelle insatisfaction, flammes contenues et attisées par un abrutissement quotidien. Seules la course à pied et une chèvre (!?) paraissent pouvoir amener un semblant d’ordre dans ce chaos romain.

Pour vous abandonner aux mêmes vertiges que Cesare : http://amzn.to/2hLaHVL

La solitude du coureur de fond, Alan Sillitoe

Bonjour les amis,

Tout est étrange dans ce long monologue qui constitue cette courte oeuvre écrite par un auteur détestant le sport mais qui a su capter l’essence même de la course à pied.

Etrange cette absence de suspens car l’issue est annoncée dès le début, étrange ce prisonnier qu’on laisse sortir chaque jour pour son footing, étrange ce champion qui ne rêve que d’avoir le courage de perdre pour ne pas se perdre.

La somme de ces étrangetés rend le récit poignant et poétique, les courses matinales dans le froid des brumes anglaises réelles et le souffle rauque de Smith, jeune délinquant en révolte contre l’ordre établi à défaut de l’être contre son destin, présent.

Manifeste anarchiste, à moins que ce ne soit un cri de révolte contre le déterminisme social et la condition ouvrière en Angleterre au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ce livre se lit comme il semble avoir été écrit, d’une traite.

Apre comme un cross d’hiver, ce texte nous laisse pantelants à l’arrivée, partagés entre le goût du sang et de la bile et le bonheur de n’avoir fait qu’un avec la course, de s’être abandonné au parcours.

Pour la version poche (avec une très bonne préface qui vaut, presque, à elle seule le texte) : http://amzn.to/2gS2BJq

Pour le DVD : http://amzn.to/2hglJ71

Joyeux anniversaire : Alain Mimoun, dernier médaillé français du marathon aux JO

Bonjour les amis,

Aujourd’hui, 13 décembre 2016, est le soixantième anniversaire de la médaille d’or d’Alain Mimoun sur marathon aux Jeux Olympiques de Melbourne.

Pour revoir cette victoire, c’est ci dessous.

Depuis, la France n’a plus été médaillée sur la distance et les espoirs de revoir une telle performance semblent minces.

Pour un très bon ouvrage, récent, retraçant la brillante carrière d’Alain Mimoun (médaillé d’argent, juste derrière Emil Zatopek aux 5 000 m et 10 000 m des JO d’Helsinki en 1952), n’hésitez pas à suivre ce lien : http://amzn.to/2hhkuV5

Et pour un article très complet sur cet anniversaire, je vous invite à cliquer ici :http://www.atleticrun.com/histoire_course_a_pied/60-ans-titre-olympique-alain-mimoun-marathon/

Bonne journée, bonne lecture, bon run

 

Le gagnant de « Courir » est …

Bonjour les amis,

Aurélien Gobin a été tiré au sort ; en s’abonnant au blog (pour prise de contact par email et envoi) il recevra « Courir » de Jean Echenoz.

Si dimanche soir il ne l’a pas fait, je procéderai à un nouveau tirage au sort.

Et la semaine prochaine, une nouvelle chronique et un nouveau livre à gagner.

A suivre …