Les dix meilleurs livres de course à pied … en français

Bonjour les amis,

A dix jours de Noël, je vous sauve la mise en vous offrant la liste des dix meilleurs livres de course à pied en français.
Cette liste est bien entendu totalement subjective puisque je ne parle que de livres que j’ai lus et aimés. Il ne faut pas trop attacher d’importance à l’ordre de présentation : il ne s’agit pas d’une hiérarchie mais d’une chronologie toute personnelle : en premier, le premier des très bons livres que j’ai lus.

Comme toujours, j’associe à chaque ouvrage un lien vers Amazon pour que vous puissiez le découvrir, voire l’acquérir.

J’espère que cette liste vous plaira et vous sera utile. N’hésitez pas à la partager autour de vous : vos proches vous offriront peut-être un cadeau qui vous plaira cette année.

Enfin, dites moi quel autre livre, selon vous, devrait figurer sur cette liste.

 

  1. La grande course de Flanagan, Tom McNab (1981) : http://amzn.to/2gz2y81

Premier livre de course à pied lu pendant mon adolescence, en même temps que d’autres récits d’épopées comme Premier de cordée, Croc blanc , La grande course de Flanagan est le premier roman de Tom McNab qui connaît son affaire en matière d’athlétisme après avoir pratiqué puis été coach olympique.

Le lecteur suit les coureurs pendant un récit presque aussi long (plus de 600 pages) que la course (la traversée des Etats Unis ; plus de 5 000km) mise sur pied au lendemain de la grande crise de 1929. De quelques milliers de participants, il n’en restera que quelques centaines à l’arrivée d’une course dont on craint à chaque instant qu’elle ne sombre. Le suspens est double : on s’inquiète pour les quelques coureurs qui symbolisent les différents profils sociaux et culturels attirés par ce défi tout autant que pour les organisateurs en mal de financements.

Une superbe fresque de l’Amérique et du monde des années 1930 et une immersion dans l’atmosphère de l’ultra running à une époque où le terme n’existait pas encore.

Bref, Les raisins de la colère à la mode running.

2. Courir, Jean Echenoz (2008) : http://amzn.to/2hzSrxl

Oui, je recycle ma précédente chronique. Mais comme le livre le mérite, je n’ai pas honte.

Vous trouverez ce que j’ai à dire de ce très bon petit livre  ici : https://des-livres-pour-courir.com/courir-jean-echenoz/

3. Nés pour courir (Born to run), Christopher McDougall (2012)http://amzn.to/2hryVHh

Je ne sais dire si ce livre est un ouvrage de vulgarisation scientifique, un documentaire de course à pied ou un roman, mais je peux affirmer qu’il est aussi captivant que n’importe quel bestseller de la section thrillers dont il adopte les codes du suspens. Il réjouira aussi tous les non coureurs pour peu qu’ils acceptent de ne lire qu’en diagonale les cinquante premières pages.

Le lecteur suit les tribulations d’un coureur amateur qui se désespère de constamment être blessé lorsqu’il court et s’enquiert des raisons de ces blessures. Après un détour par l’anthropologie et la biomécanique, il finit par se retrouver au milieu d’une tribu d’indiens qui court sans cesse … et sans chaussures. Cet ouvrage est devenu le manifeste des coureurs minimalistes ou bare foot ; on n’est pas obligé d’être convaincu par la thèse à l’issue de cet ouvrage (je laisse le suspens entier) mais on en ressort diverti, instruit et heureux d’y avoir consacré le temps d’un marathon (420 pages).

4. Courir ou Mourir, Kilian Jornet (2011) : http://amzn.to/2hzUqlh

De deux choses l’une, ou vous connaissez Kilian Jornet et vous n’avez aucune excuse de ne pas encore avoir lu le livre (j’ai été sympa, je vous ai mis le lien vers la version poche à moins de 6 Eur), ou vous ne connaissez pas Kilian Jornet et il faut vous accrocher à votre chaise pour aller faire un tour sur internet pour découvrir ses exploits.

En deux mots, quand il veut, il est champion du monde l’hiver de ski alpinisme et l’été de sky running (course en montagne) que ce soit en version courte (kilomètre vertical) ou en version longue (environ quatre vingt kilomètres). Sinon, il gagne toutes les grandes courses du monde (format 160 kilomètres et dénivelé positif cumulé de l’ordre de 10 000 m en général) en battant le record de l’épreuve. Enfin, son défi actuel est Sumits of My Life : établir le record d’ascension de tous les plus grands sommets du monde ; il ne lui reste plus que l’Everest à gravir en courant. Pour le reste, c’est fait. Vous n’y croyez pas ? Ci dessous une petite vidéo sur l’ascension du Mont Blanc en baskets (j’oubliais : ascension aller retour depuis la place centrale de Chamonix en 4h57 !).

Et puisque vous aimez ça, une deuxième vidéo, plus longue :

Le livre n’est pas une enième autobiographie de sportif écrite avec les pieds ou à quatre mains. Plus qu’une relation de ses exploits (comme en ces deux videos), c’est une réflexion autour d’un parcours personnel et sportif à la fois banal et exceptionnel.

5. Autoportarit de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami (2009) : http://amzn.to/2gz5hyg

Moins facile d’abord que les précédents livres cités, cet ouvrage d’un des prétendants au prix Nobel de littérature est, pour qui accepte de s’adonner à la littérature japonaise, un puits sans fond d’humour sur la condition des écrivains et de sagesse sur la pratique de la course à pied.

Haruki Murakami établit un parallèle disymétrique (ben oui, c’est japonais, c’est nuancé, pas manichéen) entre la discipline de l’écrivain et celle du coureur, entre l’inspiration littéraire et le vagabondage des pensées du coureur, entre la perséverance de l’auteur et du marathonien.

Probablement la lecture la plus exigeante de la liste mais, aussi, la plus riche pour qui a le goût des lettres. Rien d’inabordables toutefois ; une lecture au premier degré reste possible, fluide, instructive et distrayante.

6. La solitude du coureur de fond, Alan Stillitoe (1959) : http://amzn.to/2hrvErl

Cette longue nouvelle (70 pages, moins de 5 Euro, ce serait idiot de s’en priver), se lit d’une traite, comme on court un cross d’hiver, et nous laisse autant à bout de souffle et de force qu’un tel effort.

Et pour ceux qui hésite à la lire, il y a le DVD (http://amzn.to/2hio0iw).

La portée du message de cette nouvelle sur la liberté, le libre arbitre, la fidélité à ses racines ou idéaux, la dénonciation du déterminisme social dépasse largement le cadre de la course à pied, discipline que l’auteur détestait par ailleurs (il faudra revenir sur le blog la semaine prochaine pour en savoir un peu plus sur le sujet) !

7. Ultra Marathon Man, Dean Karnazes (2005) : http://amzn.to/2goJnKp

Le soir de son trentième anniversaire, accoudé à un bar où il a trop consommé, Dean se voit inviter à suivre une accorte jeune femme pour finir la soirée en beauté. Dans un sursaut de volonté et, peut être, de dégoût avec ce qu’il est devenu, il rentre chez lui, enfile une paire de baskets et décide de courir 30 miles (plus de 46 km). Au petit matin, au bout de l’effort et de la souffrance, il appelle sa femme pour qu’elle vienne le récupérer.

Depuis, il n’a cessé de courir, beaucoup, de plus en plus, trop. 50 marathons en 50 jours dans 50 Etats américains. Badwater. La Hardrock. Autour de chez lui. Jusqu’à en faire son métier et abandonner une carrière pourtant rémunératrice et prometteuse.

Il est celui qui a popularisé l’ultra running aux Etats Unis grâce à ce livre et ses aventures, décrites avec humour et sincérité dans ce bon livre qui donnera des idées aux plus mordus de distance d’entre nous. Aviez vous pensé à vous faire livrer des pizzas au milieu de nulle part, la nuit, en guise de ravitaillement ? Lui, oui.

La richesse des anecdotes compense plus que largement une écriture basique mais néanmoins efficace. Difficile, une fois qu’on a lu ce livre, de ne pas lire les suivants de Dean Karnazes, véritable phénomène médiatique et sportif Outre Atlantique.

Ne commencez pas, vous ne pourrez plus arrêter !

8. Ultra Ordinaire, journal d’un coureur, Joan Roch (2016) : http://amzn.to/2hikbap

Joan Roch court tous les jours pour aller au boulot et en revenir. Dix kilomètres aller, dix kilomètres retour. A Montréal où les conditions météorologiques peuvent être exigeantes. Et comme il aime ça, il s’adonne le week-end à des ultras marathons. Sans pour autant être un champion.

Beau livre, en simplicité et humilité, qui réussi parfaitement à retranscrire ce qu’est, ou pourrait être, la vie de tous les amateurs de course longue distance. Loin de la performance chronométrique, une satisfaction quotidiennement renouvelée, un mode de vie qui ne perturbe pas la vie (après tout, en semaine, il ne court pas plus de temps que nous en passons en voiture) mais en change la qualité. Un livre qui répond, indirectement, à la question : pourquoi cours tu ?

9. Chéri(e), je pars faire une course, Gérard Ejnès (2013) : http://amzn.to/2hiqSsW

Dictionnaire absurde du footing et du marathon, c’est ainsi que ce livre clin d’oeil se présente. Chaque rubrique est l’occasion de moquer gentillement les superstitions, habitudes, petites trahisons et lâchetés, subtrefuges des coureurs accros qui doivent concilier vie de famille, entraînement, aspirations à la performance -quelle qu’elle soit- et capacités physiques.

Un cadeau parfait pour le coureur persévérant qui trouvera matière à rire dans ce miroir bienveillant.

10. La petite bibliothèque du coureur, Bernard Chambaz (2013) : http://amzn.to/2gznFqw

Et si vous avez déjà tout lu, il vous reste cet ouvrage qui est une compilation de textes sur le sujet de la course à pied ; compilation souvent érudite dans laquelle chacun trouvera des textes à son goût. Ce qui signifie aussi, que chacun en trouvera d’autres moins à son goût. Mais les quelques pépites extraites par chacun, pour soi, justifient pleinement la lecture de ce petit livre.

Bonne lecture, Joyeux Noël.

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