« Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » de Haruki Murakami

Bonjour les amis,

Aujourd’hui exercice périlleux, je chronique un livre référence d’un grand auteur, livre déjà chroniqué par nombre de plumes professionnelles. Bref, bien que l’ayant lu il y a fort longtemps et relu, j’ai hésité à me lancer dans l’exercice et me couvrir de ridicule en comparaison d’autres chroniqueurs beaucoup plus affûtés (mais pas toujours coureurs).

Mais comme la course à pied m’a enseigné que le ridicule ne tue pas, je me lance, sous vos yeux avertis, esbaudis et bienveillants.

La première fois que j’ai lu ce livre, je courais mais n’avais pas encore écrit de livre (De mon canapé à la course à pied la plus dure du monde pour ceux qui l’ignorent encore) et j’ai été déçu d’une lecture que j’avais imaginée 100% course à pied. En refermant le livre, je m’étais convaincu que cet ouvrage avait été élevé au Panthéon de la littérature course à pied uniquement par ce que la communauté des coureurs lecteurs avait été flattée qu’une sommité mondiale de la littérature commette un ouvrage qui aborde le sujet. Alors qu’en fait, il s’agit plutôt d’un « autoportrait de l’auteur » (encore qu’il faille se méfier du titre qui est une traduction ; le titre original est plutôt, traduit en français « Ce dont je par le quand je parle de course à pied » – What I talk about when I talk about running).

Après avoir écrit (j’ai aussi commis Tor des Géants – Trail ultime pour ceux qui ne suivent pas), et bien qu’il ne vienne pas à l’idée de comparer mes gribouillis à de la littérature, j’ai saisi que, contrairement à ce que je pensais, l’ouvrage ne traite pas de la création littéraire, pas plus que de la course à pied, au premier chef.

Je me suis donc replongé dans « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » poiur découvrir que Haruka Murakami, avec talent, nous livre un journal où la vie, et le thème du vieillissement, la création littéraire, et la nécessité d’avoir une discipline de vie stricte pour s’autoriser toutes les dérives intellectuelles, et la course à pied, comme hygiène mentale et philosophie de vie, s’entremêlent harmonieusement.

Pour ce qui est de la partie course à pied (10km par jour, six jours par semaine, marathon annuel, triathlon et 100km), l’auteur parvient à transmettre la simplicité et la difficulté de l’exercice, les nécessaires persévérance et humilité et la philosophie de la plupart des coureurs qui n’affrontent qu’eux mêmes, et encore, pas tous les jours, même avec un dossard.

Pour lire -et relire afin d’en saisir toutes les facettes- cet ouvrage d’un abord austère mais riche, c’est ici

 

« Vies de course » de Olivier Cabrera

Bonjour les amis,

En une dizaine de nouvelles, Olivier Cabrera nous relate sa vie, sa vie de coureur, la course dans sa vie et la vie des courses.

Même si le soucis de bien écrire crée parfois une distance entre lecteur et auteur, en sacrifiant la spontanéité à l’esthétique, Olivier Cabrera se livre ici avec beaucoup de sincérité et, au fil des nouvelles, réponds -à sa manière et pour ce qui le concerne- à cette question qui nous poursuit : « Pourquoi tu cours ? ».

Du bitume au trail, en passant par la piste, du 10km au 24h, Olivier Cabrera nous entraîne sur tous les terrains et toutes les distances pour sa vision kaléidoscopique de la course.

Pour découvrir ce recueil de nouvelles, c’est ici

 

« 42 km 195 » de Bernard Thomasson

Bonjour les amis,

On s’interroge sur l’intention de l’auteur qui prend le parti de nous faire faire parcourir, avec lui, le marathon de Paris, kilomètre après kilomètre, tout en nous dévoilant, petit à petit -il faut attendre le semi-marathon pour y voir clair- pourquoi ce premier marathon revêt une importance particulière, et tout en nous entretenant d’un autre auteur, ayant couru 42 marathons, et dont l’ouvrage nous fait voyager plus loin, à chaque chapitre.

On se demande assez vite si les artifices de construction du livre et les mini fiches de lecture parsemées au sein de chaque chapitre ne vont pas essouffler la bonne volonté du lecteur.

Mais on prend son rythme de croisière, on suit Bernard Thomasson dans son marathon et les chemins de traverse qu’il nous fait emprunter, pour, finalement, comme lui, parcourir la distance sans interruption ou presque et être heureux du chemin parcouru.

Un roman à mettre entre les mains de tout apprenti marathonien ou marathonien confirmé.

Un roman à mettre entre les mains de tous les amateurs de littérature course à pied aussi : la bibliographie, à elle seule, vaut le détour.

Bref, pour s’offrir un petit marathon de rentrée, c’est ici : ici

Bonne reprise à tous.

Les enfants d’Achille et de Nike. Eloge de la course à pied ordinaire de Martine Segalen

Bonjour les amis,

Martine Segalen est principalement sociologue, accessoirement -mais assidument- coureuse. Elle allie un approche scientifique et une sensibilité qui font de son étude de la grande tribu des coureurs une lecture passionnante pour qui s’interroge sur ce qui nous fait courir.

Ce texte paru en 1994 a fait date … et date malgré une nouvelle introduction, de 2017, qui tente de le remettre au goût du jour.

Mais comme un vin de Bourgogne, il s’est bonifié avec le temps : on le lit désormais comme on a pu regarder Free to run, documentaire de 2016 relatant l’histoire moderne de la popularisation de la course à pied : avec recul et nostalgie, comme devant de belles photos sepia, et intérêt tant nous en apprenons sur nous-mêmes.

Pour vous offrir ce bon ouvrage, c’est ici

« Million dollar marathon » de Philip Maffetone

Bonjour les amis,

 

Le parti pris de ce blog est la bienveillance. Il y a dans chaque livre, comme dans chaque repas, même le plus mauvais, de quoi se nourrir l’esprit. Mais parfois, ce parti pris est compliqué à respecter.

Philip Maffetone, bien connu des sportifs d’endurance qui s’intéressent à la diététique de l’effort, s’essaie à la fiction. Il nous propose ici ce qui pourrait être le synopsis d’un bon roman avec tous les ingrédients du genre : un gentil naïf mais pur pris sous son aile par un gentil plus âgé, un méchant très méchant, une romance, du suspens, un happy end à la Walt Disney. Et de la course à pied.

Voilà, voilà …

Parfait pour adolescent ou jeune adulte.

Pour découvrir ce livre (12Eur50 pour moins d’une heure de lecture), c’est ici.

Le garçon qui voulait courir vite de Pierre Bottero

Bonjour les amis,

A force de vouloir lire toute la littérature course à pied, je finis par faire des erreurs. Le livre chroniqué cette semaine relève de la collection jeunesse et est adressé à un public « à partir de neuf ans ». Et il y est peu question de course à pied, mais plutôt sur la manière pour les enfants et jeunes adolescents de gérer deuil d’un des parents, reconstruction et harcèlement scolaire.

Et pourtant, le livre parle au coureur : ici, l’enfant choqué d’avoir vu son père périr, ne parvient plus à courir alors que c’était son plaisir quotidien. Il ne retrouvera ses jambes qu’une fois le traumatisme mental évacué.

Ce qui nous ramène, dans une moindre mesure, à notre pratique quotidienne. Si la course à pied est notre refuge et notre plaisir, ce refuge est-il bien l’inviolable abri que nous imaginons ou juste une éphémère parenthèse dans notre vie ?

Pour acquérir ce livre, c’est ici

Bonne lecture.

« L’UTMB : ma victoire sur la lombalgie » de Christophe Morisset

Bonjour les amis,

Le titre dit tout de ce livre. C’est l’ouvrage d’un coureur ; c’est l’ouvrage d’un médecin ; c’est l’ouvrage d’un patient ; c’est l’histoire d’un long cheminement.

Christophe Morisset décrit son long voyage d’un lit d’hôpital à la ligne d’arrivée de l’UTMB. Long parce que, comme la plupart d’entre nous, la course à pied n’est pas son quotidien mais la pause qu’on s’accorde entre vie professionnelle et vie familiale.

Le lecteur s’amusera à repérer les moments où l’auteur bascule du mode « médecin », presque professoral, au mode « coureur », presque caricatural, avec des ruptures de style et des basculements de champ lexical marqués. Dans les deux cas, on sent que Christophe Morisset met beaucoup de lui-même dans ce livre qui a valeur de témoignage et interpellera tous ceux des coureurs qui, suite à un pépin de santé, ont eu à reprendre leur pratique du début pour reconquérir la capacité à courir loin, longtemps, avec plaisir.

Pour lire ce « chemin de croix » qui se finit bien : click click ici

Tor des Géants – Trail Ultime

Bonjour les amis,

A la veille du départ de la version française de la Barkley (reportage canal plus ici), la Chartreuse Terminorum (vidéo de présentation ici) à laquelle j’ai du renoncer à participer cette année pour cause de tendon d’Achille fragile, je partage avec vous, en mode nostalgie, le récit du Tor des Géants, version 2016, d’un coureur lambda qui doit son inscription plus à son inconscience qu’à ses capacités physiques.

Le récit, sans fioriture mais pas dénué d’humour et d’auto dérision, plonge le lecteur dans la course, comme s’il était la Go Pro du coureur, avec une connexion directe sur les états d’âme, doutes, inquiétudes et rares moments de joie et plénitude.

Ce livre, mon livre -ce qui m’interdit toute objectivité- fait suite à « De mon canapé à la course à pied la plus dure du monde » qui est et reste #1 des ventes sur Amazon dans la catégorie « course à pied ».

Si vous n’avez pas encore lu « De mon canapé à la course à pied la plus dure du monde », il est gratuit en version Kindle jusqu’à la fin de la semaine. Le lien pour le charger est celui-ci. Pour ceux qui n’ont pas de Kindle, vous pouvez lire la version électronique du livre sur PC, tablette ou smartphone en téléchargeant l’application gratuite https://lire.amazon.fr.

Pour vivre l’Everest du Trail, le Tor des Géants (330 km et 24.000 m de dénivelé … au moins), c’est :ici

Bonne semaine, bonne lecture et bons runs.

 

 

 

Itinéraire bis de Alain Fonteneau

Bonsoir les amis,

Allant retirer mon dossard pour le marathon de Paris, je rencontre Porte de Versailles un coureur qui vend son livre. Comme j’étais venu avec plusieurs exemplaires du mien, dans l’idée d’en parler à l’issue de la conférence que je donnais au salon du running, je lui propose que nous échangions nos ouvrages.

Affalé sur mon canapé, j’entame donc un livre qui porte en couverture une photo d’un coureur au marathon de Paris, sans trop savoir à quoi m’attendre. Cruelle déception, pas un mot de course à pied avant la page 101 ; chapitre clos page 117.

Il ne s’agit donc pas d’un livre de course à pied.

Comme le titre l’indique, c’est l’histoire d’un parcours, l’histoire d’une vie. l’histoire du parcours de quelqu’un qui, bien qu’équipé -intellectuellement, scolairement- pour s’insérer « normalement » dans la société, fait le choix de chemins de traverse, sans rien revendiquer d’autre que sa liberté de choix et de conscience, dans une démarche tout sauf égoïste puisqu’elle s’articule, en partie, autour de l’aide aux autres, sans contrepartie.

En théorie, ce livre n’a rien à faire dans ce blog consacré à la littérature course à pied. En pratique, par son auteur, par son esprit, il y a sa place et symbolise, appliqué à la vie, la revendication de la liberté qui nous a tant fait vibrer quand nous avons découvert Free to run.

Pour se le procurer, c’est ici.

 

Les défis de la course, de Sylvain Bazin

Bonjour les amis,

Le titre, un peu bateau, m’a fait hésiter avant d’ouvrir cet opuscule. Le sous-titre « Petite échappée aux limites de l’endurance et de la volonté » m’a convaincu de m’y plonger.

L’ouvrage nous apprend à mieux comprendre, à défaut de le connaître (pour ça, on peut lire avec plaisir Pèlerin Express) le parcours de l’auteur, Sylvain Bazin -un des personnages de la course à pied en France- ce qui suffirait à satisfaire le lecteur coureur. Ce parcours, qui s’inscrit dans notre temps et épouse les évolutions dictées par la vie, l’âge et les évolutions du phénomène course à pied se lit comme on regarderait Free to run : avec intérêt.

L’essence de l’ouvrage, annoncée au sous-titre du livre,  se niche dans la partie consacrée au développement et à la pratique de l’ultra-trail et, en quelques paragraphes on approche la réponse à la sempiternelle question « Pourquoi cours-tu ? ».

Mais si Sylvain Bazin y répond pour lui, il ne peut le faire pour nous.

Pour se faire plaisir et réfléchir un peu en acquérant ce livre (89 pages), c’est ici.

Bons runs et bonnes lectures à tous.