« Un risque à courir » de Jean-Marie de Dinechin

Bonjour les amis,

C’est sur le stand Bibliotrail de la SaintéLyon que j’ai rencontré Jean-Marie de Dinechin ; c’est sur la SaintéLyon que débute son polar « Un risque à courir » ; c’est au moment où les premiers coureurs franchissaient la ligne d’arrivée de la SaintéLyon que j’ai commencé à le lire ; c’est au moment où les derniers coureurs se faisaient rattraper par la barrière horaire que je suis tombé de mon canapé en découvrant le dénouement de l’intrigue.

Bref, j’ai lu d’une traite, sans ravitaillement ou récupération, ce polar qui nous fait visiter quelques unes des courses emblématiques de France, nous laisse à voir ce que peuvent être les relations entre athlètes dans les équipes montées par les équipementiers.

Amateur de polar, et pas particulièrement de course à pied, tu trouveras ton bonheur dans ce livre. Coureur de trail, peu porté sur la chose policière, tu trouveras aussi ton bonheur dans ce livre. En effet, le livre est équilibré et ne tombe jamais dans le piège de l’hyper spécialisation ; pas de longs développements sur les techniques de police scientifique ni d’encre gâchée à comparer les mérites de telle ou telle méthode d’entraînement.

A lire, offrir et partager ici

Bon dimanche et bonne lecture à tous.

« La grande course de Flanagan » de Tom McNab

Bonjour les amis,

Attention, c’est de la bombe.

Si vous ne lisez qu’un seul livre de course à pied (à part le mien ici), c’est celui-ci, avant même Born to Run ou La solitude du coureur de fond ou Courir.

L’auteur connaît son sujet : il a été coach olympique et conseiller technique pour le film « Chariots de Feu ».

La grande course de Flanagan, c’est à la fois Les raisins de la colère en mode running, Forrest Gump pendant la crise de 29, Scott Jurek et Serge Girard avec un dossard.

La grande course de Flanagan, écrit en 1981, est tellement un chef d’œuvre de la littérature running que, un quart de siècle après l’avoir découvert, je n’ai pas besoin de le relire pour vous en parler. Mais je l’ai quand même relu (633 pages) trois fois, pour le plaisir.

Pendant la crise de 1929, un promoteur d’évènements sportifs a l’idée d’organiser une course par étape traversant tous les Etats Unis (plus de 5000km), projet qu’il lance sans avoir bouclé son financement, projet qui, à sa surprise, attire beaucoup de coureurs (il est historiquement démontré que plus les temps sont durs, plus les gens se mettent à la course à pied), projet dont on ignore jusqu’à la fin, s’il permettra aux coureurs de finir la traversée des Etats Unis.

On y rencontre des champions en reconversion, des chômeurs, des aryens, des femmes, des débutants. on vibre, on souffre, on s’indigne, on s’enthousiasme avec les coureurs. On angoisse avec le promoteur. On en sort épuisé et heureux d’avoir accompli cette traversée.

A mettre entre toutes les mains, coureurs ou non coureurs, adolescents et adultes, hommes et femmes.

Bref, c’est le sommet de la littérature running, avant que la littérature running n’ait même été inventée. Best seller à l’époque, best seller aujourd’hui encore.

Pour lire ce chef d’œuvre de la littérature course à pied, c’est : ici

Petite bibliothèque du coureur de Bernard Chambaz

Bonjour les amis,

Voici un ouvrage qui aurait du être le premier à être chroniqué par le blog tant son objet semble coller à la ligne éditoriale.

Bernard Chambaz a réalisé un travail de fourmi pour nous proposer quarante-deux (le fruit du hasard certainement…) extraits de textes traitant de course à pied, débutant chez Homère en passant par Cervantès (encore que l’extrait ne parle que très marginalement de course à pied) puis Hemingway avant d’arriver à de plus modernes Jean Echenoz et Philippe Delerm.

Cette collection d’extraits a le mérite, à la « Exercices de style » de Raymond Queneau (ici), de nous permettre de picorer entre moultes façons d’écrire la foulée, la course, l’effort, chacun des extraits étant précédé de quelques lignes d’introduction de l’œuvre.

Sélection érudite et parfois iconoclaste, cet ouvrage se déguste à petites gorgées et meublera avec bonheur les instants d’apathie après une sortie longue hivernale.

Pour se cultiver à son rythme et sans jamais risquer l’overdose, et acheter le livre, c’est ici

« Enduroman » de Cyril Blanchard

Bonjour les amis,

Petite trahison à la ligne éditoriale du blog cette semaine avec « Enduroman, Aimer et atteindre le sommet, L’aventure extraordinaire d’un homme ordinaire » de Cyril Blanchard qui parle peu de course à pied.

Avant que vous n’abandonniez la lecture de cette chronique, une précision : l’Enduroman, c’est 140km de course à pied de Londres à Douvres, la traversée de la Manche à la nage jusqu’à Calais puis 300km à vélo jusqu’à l’Arc de Triomphe à Paris. Intéressés ?

Je craignais que l’ouvrage ne soit que le descriptif d’un ultra triathlon. Et, il a bien été écrit par un triathlète, un de ces sportifs qui ne laissent rien au hasard et aiment les check lists. Bref, l’ouvrage passionnera tous les aficionados de la préparation sportive tant l’expertise et l’expérience accumulées par Cyril sont importantes.

Mais au delà de cet aspect technico-sportif, Cyril Blanchard nous emmène beaucoup plus loin que de Londres à Paris.

D’abord, et en soit même cela mériterait un livre, il a traversé La Manche à la nage. Il décrit cette traversée comme l’Everest de la natation ; il a tort. C’est bien plus sélectif que l’Everest car seulement 10% des tentatives se concluent par un succès. Et plus d’êtres humains sont allés dans l’espace que de nageurs sont parvenus à réaliser une traversée homologuée.

Ensuite, et c’est la partie qui m’a le plus impressionnée, Cyril décrit comment on passe du statut de sportif amateur dont l’ambition est d’être finisher d’un défi XXL au statut de champion. Car Cyril a établi, lors de son Enduroman, le record du monde sur l’épreuve (60 heures). Et cette transformation, il est rare de pouvoir y assister : nous connaissons soit des sportifs amateurs, soit des sportifs professionnels mais très peu de sportifs qui passent d’un statut à l’autre, de la chenille au papillon.

Enfin, même si cela m’a dérouté dans la première partie du livre, Cyril ramène tout ce parcours, cette aventure et cet exploit, à sa dimension humaine. Ce n’est pas le moindre intérêt du livre que de constamment rappeler qu’il n’est pas de sportif sans entourage, de performance sans environnement humain propice, de réussite sans équilibre personnel.

Et puis, in fine, le livre pose la question qui nous hante tous après la réalisation d’un objectif qui nous a fortement mobilisé : et après ?

Pour vivre l’aventure de l’Enduroman avec Cyril Blanchard, c’est chez votre libraire ou ici

La bible du running de Jérôme Sordello

Bonjour les amis,

Quand j’ai vu cet ouvrage, j’ai immédiatement pensé à « L’être et le néant » de Jean Paul Sartre (pour ceux que cela interpelle, il peut être acquis ici) que, je vous rassure, je n’ai jamais lu.

Les débuts de l’ouvrage de Sartre ont été poussifs : à peine quelques exemplaires vendus la première semaine, encore moins la deuxième semaine et presqu’aucun la troisième semaine. Puis, soudainement, les ventes se sont envolées, passant de plusieurs centaines à plusieurs milliers par semaine. Incompréhension totale de l’éditeur qui mène son enquête : ce n’est pas tous les jours qu’un « essai d’ontologie phénoménologique » mobilise les foules.

Il apparaît que « L’être et le néant » pèse très exactement un kilogramme. Et qu’il est significativement moins cher qu’un poids en cuivre de un kilo nécessaire à l’utilisation d’une balance de cuisine de l’époque.

Les ménagères se sont donc jetées sur l’ouvrage pour compléter à moindre frais leur série de poids de référence.

Tout ça pour dire, donc, que Jérôme Sordello a produit un sacré pavé. Qui est inutilisable avec une balance ancienne puisque les 736 pages pèsent plus de 1,6 kg. Et que de toute façon, plus personne n’utilise de balance à poids en cuivre. Ni même ne cuisine.

Comme la bible, version liturgique, cet ouvrage imposant est donc resté longtemps sur ma table de chevet, sans être ouvert ; toujours recouvert par un autre livre que j’avais plus envie de lire.

Cela a été une erreur.

Le livre est très plaisamment découpé en 24 chapitres qui peuvent se lire indépendamment des uns et des autres et pas nécessairement dans l’ordre.

Chacun, selon son niveau, y trouvera un condensé thématique théorique et pratique. Il est donc probable qu’aucun coureur ne lise tout le livre mais il est certain que tous les coureurs y trouveront de la matière à réflexion et application immédiate.

La bible du running, comme son nom l’indique, devrait être l’ouvrage de référence de tout coureur. Pas nécessairement celui qu’on lit tous les jours, mais celui auquel on revient toujours.

Bref, une somme réussie qui sera une pertinente addition à une bibliothèque d’ouvrages d’entraînement.

Pour acquérir l’ouvrage et tout savoir, c’est : ici

« Tim Runwood » de Antoine Guillon

Bonjour les amis,

Oui, vous avez bien lu, c’est bien l’Antoine Guillon de la Diagonale des Fous, le métronome, le maître du Grand Raid qui a écrit ce roman.

Avant tout, bravo à Antoine pour sa deuxième place le week-end dernier !

Amateur de Bob Morane, du Marsupilami, de Un indien dans la ville ou de Le livre de la jungle, vous retrouverez là l’ambiance qui vous a séduite : nature exotique et luxuriante, mystère, choc de civilisation, chamanisme.

Coureur d’ultra trail, tu ne trouveras pas de plan d’entraînement ou de conseils course à pied ; il s’agit d’un roman à part entière avec intrigue et rebondissements, pas d’un compte rendu de course, même fantasmagorique.

Et comme le livre n’est commercialisé que par Antoine Guillon, en l’achetant, vous aurez le plaisir de pouvoir mentionner la dédicace que vous souhaitez qu’il vous fasse. Pour le commander, c’est : ici.

Enfin, pour l’anecdote, je ne peux m’empêcher de signaler que j’ai eu la surprise de voir une de mes ancêtres cité page 195.

Bonne lecture et bonne semaine à tous.

« Grand Trail » de Alexis et Frédéric Berg : du beau livre au projet

Bonjour les amis,

Aujourd’hui je vous parle de ce qui devrait être un monument de la littérature trail. A dire vrai, il ne s’agit pas que de littérature mais aussi de sublimes photos. Il s’agit de l’œuvre de deux frères, l’un écrit, l’autre photographie : Alexis et Frédéric Berg.

Ce beau, très beau livre, allie description des 13 plus grands trails du monde, portrait de 16 champions et 13 thématiques propres à tout coureur nature, le tout systématiquement superbement illustré.

Le livre, sans texte, mériterait à lui seul d’être acquis tant la photographie est réussie. Il y a en particulier une série de portraits avant/après un ultra qui illustre à merveille ce que coûte cette pratique.

Le livre, sans photos, mériterait à lui seul d’être lu tant l’hommage qu’il rend au trail, à son histoire, à sa pratique, est vibrant.

L’ensemble est de toute beauté ; il est ici

Au delà de cette chronique, j’attire votre attention sur le fait que Alexis et Frédéric Berg, forts du succès de l’ouvrage, ont pour projet de créer une maison d’édition artisanale et indépendante. Pour ce faire, ils font appel, via une plateforme de financement populaire, aux passionnés de trail, photographie et livres.

A l’heure où je vous écrit, ils ont bouclé 83% du financement grâce à 105 donateurs. Mais il ne leur reste que 6 jours pour boucler ce financement et, s’ils n’atteignent pas leur objectif de 5.000 Eur, ils ne toucheront rien.

Vous avez donc la possibilité de faire la différence en contribuant, ne serait-ce que de 5 Eur au projet et/ou en acquérant via le projet le livre. Alors, n’hésitez pas, participez et relayez, pour faire vivre l’esprit trail : campagne de financement participatif

Bonne lecture à tous !

« Trails & Ultras mythiques » de Bertrand Lellouche

Bonjour les amis,

Aujourd’hui, je vous présente un livre aussi atypique qu’est celui de Joan Roch (Ultra-ordinaire, journal d’un coureur) et au moins aussi réussi.

Bertrand Lellouche réussi l’exploit de produire le premier guide sur le trail qui se lit comme un roman. A cheval entre beau livre (650 illustrations), récit d’une progression réfléchie et guide pratique du trail, cet ouvrage fait date et permet à tout apprenti trailer ou tout coureur d’ultra confirmé de se projeter dans les plus belles courses de l’hexagone.

Avez-vous remarqué comme, lorsque vous lisez dans la presse un reportage sur un sujet que vous connaissez bien, vous êtes souvent étonné(e) des approximations et omissions des articles ? J’ai fait le test en commençant par lire le chapitre « Marathon des Sables » de Bertrand Lellouche, puisque c’est sur l’édition décrite dans le livre que nous nous sommes rencontrés. Et bien, non seulement j’ai revécu la course, comme si j’y avais été téléporté, mais, en plus, j’ai appris des choses qui m’avaient échappées. Bref, test passé haut la main !

Si le livre n’était qu’un croisement de beau livre et guide, il serait déjà une réussite. Mais Bertrand, en contant chacune de ses courses, ou en partageant son expérience, réussi à y insuffler un supplément d’âme qui en fait un ouvrage de référence.

Pour rêver, visualiser, planifier vos prochains ultras, c’est ici

« Sables émouvants » de Cécile Bertin

Bonjour les amis,

L’incontournable Cécile Bertin a commis un ouvrage, et c’est raté.

En effet, elle tente de nous faire croire qu’elle est une coureuse de type loisir, option tourisme. Et comme elle est douée pour la narration, on la croit.

Jusqu’au Marathon des Sables 2012 où elle nous parle de classement pour la première fois (333e, ce qui, sans être un classement de coureur de classe internationale la situe dans le premier tiers du peloton), ce qui sème la graine du doute sur ses performances. Le titre du chapitre suivant, Gobi, arrose la graine du doute et l’enchaînement des courses en cette année 2012 bien chargée, finit de nous convaincre qu’on avait raison de douter.

Bref, la mystification est ratée et le livre est réussi.

Au delà des compte rendus de course, pleins d’enseignements et teintés d’humour et auto dérision, on suit aussi, surtout, la transformation d’une coureuse qui découvre l’ultra en s’excusant presque de s’autoriser à y participer en une coureuse d’ultra aguerrie qui finit par penser -aussi- classement.

La pudeur fait que l’ouvrage ne traite que de courses mais on comprend que la performance tient aussi, dans la capacité à mener de front vie familiale (quatre enfants…), vie professionnelle et courses.

Tous ceux qui ont vécu les deux à trois semaines d’abattement qui suivent la participation à un ultra d’au moins 100 miles imagineront les trésors de volonté dont il a fallu faire preuve une fois la ligne d’arrivée franchie et le quotidien de nouveau omniprésent.

L’ouvrage est un bon témoignage à mettre entre les mains de tou(te)s les apprentis coureurs d’ultra : à défaut d’y trouver moultes conseils pratiques ils y trouveront quelque chose de bien plus précieux, un état d’esprit fait d’humilité, auto dérision et persévérance, qualités indispensables pour ce type d’exercice hors norme.

Pour ma part, j’ai adoré le récit de la dernière course où on retrouve pleinement l’esprit ultra. Sans rien spoiler, disons juste que confrontée à une difficulté physique significativement handicapante, Cécile Bertin ne s’interroge pas une seconde sur l’opportunité d’abandonner mais, plutôt, sur les conséquences sur son rythme de progression.

Pour ce témoignage prenant et facile à lire malgré une mise en page qui mériterait un peu plus de clarté, c’est ici

« Chéri(e), je pars faire une course » de Gérard Ejnès

Bonjour les amis,

La vocation du blog est de parler de la littérature de course à pied mais, parfois, je m’égare. Il m’est déjà arrivé de présenter des manuels d’entraînement. Aujourd’hui, je vous présente une blague, un moment d’humour.

Le dictionnaire absurde du footing et du marathon de Gérard Ejnès est le genre de livre qu’on n’achète pas pour soit mais pour offrir, à Noël, pour un anniversaire, la fête des pères ou la fête des mères. Et on a tort. Surtout si on est amateur de calembours.

Car derrière des définitions drolatiques qu’on peut choisir de ne lire qu’au premier degré, se niche souvent -pas toujours- une réflexion, teintée de salutaire auto dérision, sur notre passion, sa pratique, ses modes et ses codes.

Pour savourer des formules ciselées de marathonien (45 marathons, 0 victoires pour l’auteur), c’est ici