Et si tout s’arrêtait là de Mélanie Valier

Bonjour les amis,

Un coup de cœur pour le lecteur / coureur que je suis que ce premier roman de Mélanie Valier, roman qui n’a pas pour thème central la course à pied mais, plutôt, la communauté montagnarde qui comprend donc la tribu des trailers. Ouf, on y court un peu aussi.

Le roman débute d’ailleurs avec l’arrivée de La Petite Trotte à Léon.

 

Le roman est complet : intrigues, enquêtes, description des us et coutumes des pratiquants de la montagne, tendance sports extrêmes, relations humaines. La vie rêvée de tout citadin trailer se rêvant d’habiter à Chamonix.

Même si vous êtes un mono maniaque de la course à pied, vous adorerez. Pour vous faire plaisir, c’est ici

Interview de Chantaki

Bonjour les amis,

Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interroger Chantaki auteur du livre « Les runnings roses » dont je vous ai parlé cette semaine.

 

  1. Bonjour Chantaki, peux tu te présenter en quelques mots pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Bonjour Grégoire et bonjour à tes lecteurs. Je suis une passionnée de course à pied, j’adore voyager et j’ai le bonheur de pouvoir conjuguer ces 2 activités. Quand je pars en voyage, j’emmène toujours mes runnings, qui me servent à la fois pour courir et pour randonner. Mon avant dernière paire de runnings roses a d’ailleurs mal fini, …dans une poubelle de chambre d’hôtel à Mendoza (Argentine) en janvier 2016.

 

  1. Question incontournable ici, depuis quand es-tu coureur ?

J’ai eu plusieurs épisodes où je m’y suis m’essayée, lorsque j’étais étudiante par exemple. Puis j’ai laissé tomber, jusqu’à ce que j’aille en spectatrice assister au marathon de Bordeaux en 1991, puis aux JO d’Atlanta en 1996. Au retour, je n’avais qu’une idée m’y remettre et persévérer. C’est ce que j’ai fait et continue de faire.

 

  1. Pour en revenir à ton livre, »Les runnings roses », peux-tu nous dire comment t’en es venue l’idée ?

En courant…

Dans mes livres (« mes » car avant « Les runnings roses » il y a eu « 42,195 Millions de petites foulées, émoi, émoi et…moi »)  mes récits ont trait à la course à pied mais également aux lieux dans lesquels je me trouve parfois lorsque je prépare ou cours un marathon. Voyager et courir sont devenus au fil du temps un véritable trésor dans lequel je puise mon inspiration. Cela me plait de  raconter  les anecdotes qui émaillent mes préparations de marathon et de faire voyager mes lecteurs.

 

  1. Peux tu nous dire combien de temps il t’a fallu pour l’écrire ?

Lorsque j’ai eu fini mon premier livre, j’ai continué à parcourir le monde et à courir d’autres marathons exotiques. J’ai acheté une première paire de runnings roses à Lima au Pérou en 2011, cela a été le point de départ de mon projet d’écriture du livre « Les runnings roses ». Il m’a fallu attendre 3 ans pour laisser à ces runnings nées au Pérou le temps de vivre leur vie de voyageuses, et à ma souris le temps de raconter leur histoire dans cet intervalle. Je précise bien-sûr qu’elles ont eu des remplaçantes entre temps! Lol

 

  1. Pourrais tu nous livrer une phrase de ton livre dont tu es fier ou qui te semble le mieux en résumer l’esprit ?

Oui, volontiers:

« Mais lorsque, dans un énorme et très impressionnant son et lumière, la foudre tombe à quelques mètres de nous, nos jambes, sous l’effet de la panique se mettent à avancer toutes seules! Comme s’ils connaissaient très bien l’endroit, nos pieds ,en experts, se posent exactement là où  il faut et finalement, nous arrivons sains et saufs à la voiture. »

 

  1. Toi qui a du y réfléchir, sais tu répondre à la question qui travaille tous nos proches : pourquoi cours tu ?

Je cours parce que cela m’aide à me sentir bien dans ma peau, parce que je peux manger du Toblerone ensuite, parce que ça me rend fière de me balader avec ma médaille durement gagnée lorsque j’ai fini un marathon, parce que c’est simple… il faut juste de la volonté!

 

  1. Enfin, peux-tu nous dire ce que sont tes projets en matière de course à pied et d’écriture ?

En 2015, c’était une année trail (Euskal trail gourmand (2×25 km) et Cross du Mont Blanc). En 2016 j’ai renoué avec le marathon en courant à Las Vegas un marathon nocturne. En 2017, je ferai un mix des 2: un trail et un marathon. Mais inutile de me demander lesquels, je ne parlerai qu’en présence de mes dossards …

Côté écriture, 2011 a été l’année de »42,195 millions de petites foulées, émoi, émoi et…moi », 2014 celle de « Les runnings roses » alors 2017 sera peut-être celle de… à suivre! sur ta page (tu seras le premier informé!)

 

 

Merci Chantaki de ton temps et de tes réponses. Tous nos vœux de succès t’accompagnent dans tes projets.

Je rappelle que tu es l’auteur d’un blog qui nous fait voyager avec plaisir : http://chantaki.wordpress.com

Kilian Jornet

Que dire de Kilian Jornet l’auteur quand l’immensité de ses exploits sportifs éclipse déjà l’homme qu’on ne voit plus qu’à travers ses records et ses projets, dont celui de gravir l’Everest en courant pour y établir le record de vitesse de l’ascension ?

Ses livres sont à l’image de sa réputation : il y fait preuve d’espiéglerie et d’une bonne dose de modestie et bon sens.

Ses livres sont aussi une fenêtre ouverte sur l’homme qu’on découvre beaucoup plus compétitif que ses apparentes gentillesse et timidité ne pourraient le faire croire et immensément ouvert au monde et au monde des idées, bien au delà de la sphère sportive même si la montagne reste son terrain de jeu de prédilection.

Lire Kilian Jornet, c’est vivre son aventure avec lui. C’est aussi retrouver un peu l’essence de ce qu’il tente de faire en montagne, par delà le vernis des sublimes vidéos qui véhiculent sont image d’intouchable elfe des sommets.

 

Nathalie Lamoureux

Bonsoir les amis,

Septième femme française à avoir gravi l’Everest, à sa cinquième tentative, finisher de l’UTMB, à sa cinquième tentative, journaliste à Le Point.

C’est habituellement dans le sens inverse qu’est présentée Nathalie Lamoureux, comme si sa profession de journaliste était censée, en ce monde d’hyper communication, attirer les regards sur une femme dont la persévérance et la liste des réalisations outdoor -j’hésite à écrire sportives tant elle même semble réfuter ce qualificatif bien qu’elle le mérite- suffirait à embouteiller la bucket list de n’importe quel cadre supérieur affrontant la crise de la quarantaine.

Si dans sa production littéraire l’écriture, paradoxalement, n’est pas son point fort, le coeur qu’elle met à l’ouvrage compense largement ce petit défaut.

Pour rêver sur quelques centaines de pages, vous pouvez lire : L’Everest à la folie ou Courir de plaisir.

Pour rêver plus régulièrement, il y aussi http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/nathalie-lamoureux/

Joan Roch

Coureur, phénomène médiatique grâce aux réseaux sociaux, écrivain.
C’est dans cet ordre qu’il faut présenter Joan Roch dont l’existence a été révélée au monde après qu’il ait mis en ligne une video illustrant ses aller retour quotidien boulot dodo en course à pied.

L’histoire est belle.

Il court par plaisir pour aller au boulot. Il se met en scène. Sa notoriété soudaine lui permet d’envisager de vivre de sa passion, la course à pied.

L’histoire était trop belle.

Il a arrêté la course à pied, a repris un boulot, s’y rend à vélo.

Marc Desmazières

Enfin un auteur qui court, bien même et ce depuis 40 ans. Enfin, plutôt un coureur qui écrit, bien même, et ce depuis longtemps.

1h08 sur 20 km, 2h42 sur marathon, président du club La solitude des coureurs de fond, « Je vous salue maris », « En attendant que ma mère meure », « Sans concession » et, enfin, « Le bagne de la liberté ».

Publicitaire reconnu, ce qui aurait pu faire craindre du Beigbeder à un balle quatre vingt dix neuf, Marc Desmazières manie la formule et le texte ciselé non pour faire de l’esbrouffe mais pour transmettre avec l’efficacité de la foulée rodée l’énergie du propos, de la description, de la conviction, de l’interrogation.

Il n’y a que les éditeurs qui ne se soient pas encore rendu compte de son talent.

 

 

Marco Lodoli

Marco Lodoli est né à Rome en 1956.

Il remporte un prix dès son premier roman (Chronique d’un siècle qui s’enfuit) et un de ses romans (Snack Bar Budapest) a été adapté au cinéma.

Poète, écrivain prolifique (journaliste et romancier), il enseigne au lycée en banlieue romaine.

Chacun de ses livres semble être l’illustration du chos, de l’aléa, qui préside à nos vies.

Ses oeuvres traduites pour la plupart en français s’organisent en trilogies ; la première est intitulée « Les débutants » (Courir, Mourir en est issu), la deuxième, « Les prétendants ».

Alan Sillitoe

Alan Sillitoe est né en 1928 à Nottingham et est décédé en 2010 à Londres après avoir incarné le mouvement des Angry Young Men dans les années 1950.

Bien qu’ayant quitté l’école à quatorze ans pour devenir ouvrier, il publiera vingt quatre romans, sept recueils de nouvelles et sept recueils de poésie. Il fut, en termes d’audience et de registre, à la littérature anglaise ce que Ken Loach est à son cinéma : il a dénoncé avec passion et sincérité la misère sociale anglaise.

Et il y a toutes les raisons de ne pas vous le présenter en ce lieu dédié à la littérature célébrant la course à pied.

« Il m’a toujours semblé que le sport ne sert qu’à asservir l’esprit et le corps. C’est la principale arme « civilisatrice » du monde occidental, une façon d’imposer une discipline collective. (…) La torche olympique est une flamme de servitude ; fuyez la aussi vite que vous pourrez, cela devrait suffire à vous donner de l’exercice! » dans Mountains and Caverns.

Et pourtant …

 

Jean Echenoz

jeanechenoz

Jean Echenoz est né à Orange (Vaucluse) en 1947. Prix Médicis 1983 pour Cherokee. Prix Goncourt 1999 pour Je m’en vais.

Trois de ses derniers ouvrages, Ravel (2006), Courir (2008) et Des Eclairs (2010) constituent des « fictions sans scrupules biographiques ».

Jean Echenoz a tout d’un coureur.

Son style minimaliste (140 pages pour Courir, comme si les phrases avaient fait des efforts pour atteindre leur poids de forme pour une efficacité maximale), son ironie (Courir, après Je m’en vais ? Des biographies fictives ?) souvent présente chez les forçats du bitume confrontés à l’inanité de leurs efforts, la présence du mouvement dans ses oeuvres seraient susceptibles d’en faire un membre de la confrérie des coureurs.

Mais court il ?

Je n’en sais rien ; je vais le lui demander.