« Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » de Haruki Murakami

Bonjour les amis,

Aujourd’hui exercice périlleux, je chronique un livre référence d’un grand auteur, livre déjà chroniqué par nombre de plumes professionnelles. Bref, bien que l’ayant lu il y a fort longtemps et relu, j’ai hésité à me lancer dans l’exercice et me couvrir de ridicule en comparaison d’autres chroniqueurs beaucoup plus affûtés (mais pas toujours coureurs).

Mais comme la course à pied m’a enseigné que le ridicule ne tue pas, je me lance, sous vos yeux avertis, esbaudis et bienveillants.

La première fois que j’ai lu ce livre, je courais mais n’avais pas encore écrit de livre (De mon canapé à la course à pied la plus dure du monde pour ceux qui l’ignorent encore) et j’ai été déçu d’une lecture que j’avais imaginée 100% course à pied. En refermant le livre, je m’étais convaincu que cet ouvrage avait été élevé au Panthéon de la littérature course à pied uniquement par ce que la communauté des coureurs lecteurs avait été flattée qu’une sommité mondiale de la littérature commette un ouvrage qui aborde le sujet. Alors qu’en fait, il s’agit plutôt d’un « autoportrait de l’auteur » (encore qu’il faille se méfier du titre qui est une traduction ; le titre original est plutôt, traduit en français « Ce dont je par le quand je parle de course à pied » – What I talk about when I talk about running).

Après avoir écrit (j’ai aussi commis Tor des Géants – Trail ultime pour ceux qui ne suivent pas), et bien qu’il ne vienne pas à l’idée de comparer mes gribouillis à de la littérature, j’ai saisi que, contrairement à ce que je pensais, l’ouvrage ne traite pas de la création littéraire, pas plus que de la course à pied, au premier chef.

Je me suis donc replongé dans « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » poiur découvrir que Haruka Murakami, avec talent, nous livre un journal où la vie, et le thème du vieillissement, la création littéraire, et la nécessité d’avoir une discipline de vie stricte pour s’autoriser toutes les dérives intellectuelles, et la course à pied, comme hygiène mentale et philosophie de vie, s’entremêlent harmonieusement.

Pour ce qui est de la partie course à pied (10km par jour, six jours par semaine, marathon annuel, triathlon et 100km), l’auteur parvient à transmettre la simplicité et la difficulté de l’exercice, les nécessaires persévérance et humilité et la philosophie de la plupart des coureurs qui n’affrontent qu’eux mêmes, et encore, pas tous les jours, même avec un dossard.

Pour lire -et relire afin d’en saisir toutes les facettes- cet ouvrage d’un abord austère mais riche, c’est ici

 

Une réflexion au sujet de « « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » de Haruki Murakami »

  1. Tout coureur de fond finit par se muer en philosophe, à force de méditations et de soliloques, de concentration et de résistance. Le dépassement de soi devient une sorte de transcendance, sans pour autant verser dans l’ésotérisme exacerbé. Quoi que, plus les heures et km défilent, plus j’ai tendance à psalmodier… Rien d’étonnant, pour ceux qui osent, de coucher sur le papier ses ressentiments et réflexions.

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