La solitude du coureur de fond, Alan Sillitoe

Bonjour les amis,

Tout est étrange dans ce long monologue qui constitue cette courte oeuvre écrite par un auteur détestant le sport mais qui a su capter l’essence même de la course à pied.

Etrange cette absence de suspens car l’issue est annoncée dès le début, étrange ce prisonnier qu’on laisse sortir chaque jour pour son footing, étrange ce champion qui ne rêve que d’avoir le courage de perdre pour ne pas se perdre.

La somme de ces étrangetés rend le récit poignant et poétique, les courses matinales dans le froid des brumes anglaises réelles et le souffle rauque de Smith, jeune délinquant en révolte contre l’ordre établi à défaut de l’être contre son destin, présent.

Manifeste anarchiste, à moins que ce ne soit un cri de révolte contre le déterminisme social et la condition ouvrière en Angleterre au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ce livre se lit comme il semble avoir été écrit, d’une traite.

Apre comme un cross d’hiver, ce texte nous laisse pantelants à l’arrivée, partagés entre le goût du sang et de la bile et le bonheur de n’avoir fait qu’un avec la course, de s’être abandonné au parcours.

Pour la version poche (avec une très bonne préface qui vaut, presque, à elle seule le texte) : http://amzn.to/2gS2BJq

Pour le DVD : http://amzn.to/2hglJ71

Joyeux anniversaire : Alain Mimoun, dernier médaillé français du marathon aux JO

Bonjour les amis,

Aujourd’hui, 13 décembre 2016, est le soixantième anniversaire de la médaille d’or d’Alain Mimoun sur marathon aux Jeux Olympiques de Melbourne.

Pour revoir cette victoire, c’est ci dessous.

Depuis, la France n’a plus été médaillée sur la distance et les espoirs de revoir une telle performance semblent minces.

Pour un très bon ouvrage, récent, retraçant la brillante carrière d’Alain Mimoun (médaillé d’argent, juste derrière Emil Zatopek aux 5 000 m et 10 000 m des JO d’Helsinki en 1952), n’hésitez pas à suivre ce lien : http://amzn.to/2hhkuV5

Et pour un article très complet sur cet anniversaire, je vous invite à cliquer ici :http://www.atleticrun.com/histoire_course_a_pied/60-ans-titre-olympique-alain-mimoun-marathon/

Bonne journée, bonne lecture, bon run

 

Alan Sillitoe

Alan Sillitoe est né en 1928 à Nottingham et est décédé en 2010 à Londres après avoir incarné le mouvement des Angry Young Men dans les années 1950.

Bien qu’ayant quitté l’école à quatorze ans pour devenir ouvrier, il publiera vingt quatre romans, sept recueils de nouvelles et sept recueils de poésie. Il fut, en termes d’audience et de registre, à la littérature anglaise ce que Ken Loach est à son cinéma : il a dénoncé avec passion et sincérité la misère sociale anglaise.

Et il y a toutes les raisons de ne pas vous le présenter en ce lieu dédié à la littérature célébrant la course à pied.

« Il m’a toujours semblé que le sport ne sert qu’à asservir l’esprit et le corps. C’est la principale arme « civilisatrice » du monde occidental, une façon d’imposer une discipline collective. (…) La torche olympique est une flamme de servitude ; fuyez la aussi vite que vous pourrez, cela devrait suffire à vous donner de l’exercice! » dans Mountains and Caverns.

Et pourtant …

 

Les dix meilleurs livres de course à pied … en français

Bonjour les amis,

A dix jours de Noël, je vous sauve la mise en vous offrant la liste des dix meilleurs livres de course à pied en français.
Cette liste est bien entendu totalement subjective puisque je ne parle que de livres que j’ai lus et aimés. Il ne faut pas trop attacher d’importance à l’ordre de présentation : il ne s’agit pas d’une hiérarchie mais d’une chronologie toute personnelle : en premier, le premier des très bons livres que j’ai lus.

Comme toujours, j’associe à chaque ouvrage un lien vers Amazon pour que vous puissiez le découvrir, voire l’acquérir.

J’espère que cette liste vous plaira et vous sera utile. N’hésitez pas à la partager autour de vous : vos proches vous offriront peut-être un cadeau qui vous plaira cette année.

Enfin, dites moi quel autre livre, selon vous, devrait figurer sur cette liste.

 

  1. La grande course de Flanagan, Tom McNab (1981) : http://amzn.to/2gz2y81

Premier livre de course à pied lu pendant mon adolescence, en même temps que d’autres récits d’épopées comme Premier de cordée, Croc blanc , La grande course de Flanagan est le premier roman de Tom McNab qui connaît son affaire en matière d’athlétisme après avoir pratiqué puis été coach olympique.

Le lecteur suit les coureurs pendant un récit presque aussi long (plus de 600 pages) que la course (la traversée des Etats Unis ; plus de 5 000km) mise sur pied au lendemain de la grande crise de 1929. De quelques milliers de participants, il n’en restera que quelques centaines à l’arrivée d’une course dont on craint à chaque instant qu’elle ne sombre. Le suspens est double : on s’inquiète pour les quelques coureurs qui symbolisent les différents profils sociaux et culturels attirés par ce défi tout autant que pour les organisateurs en mal de financements.

Une superbe fresque de l’Amérique et du monde des années 1930 et une immersion dans l’atmosphère de l’ultra running à une époque où le terme n’existait pas encore.

Bref, Les raisins de la colère à la mode running.

2. Courir, Jean Echenoz (2008) : http://amzn.to/2hzSrxl

Oui, je recycle ma précédente chronique. Mais comme le livre le mérite, je n’ai pas honte.

Vous trouverez ce que j’ai à dire de ce très bon petit livre  ici : https://des-livres-pour-courir.com/courir-jean-echenoz/

3. Nés pour courir (Born to run), Christopher McDougall (2012)http://amzn.to/2hryVHh

Je ne sais dire si ce livre est un ouvrage de vulgarisation scientifique, un documentaire de course à pied ou un roman, mais je peux affirmer qu’il est aussi captivant que n’importe quel bestseller de la section thrillers dont il adopte les codes du suspens. Il réjouira aussi tous les non coureurs pour peu qu’ils acceptent de ne lire qu’en diagonale les cinquante premières pages.

Le lecteur suit les tribulations d’un coureur amateur qui se désespère de constamment être blessé lorsqu’il court et s’enquiert des raisons de ces blessures. Après un détour par l’anthropologie et la biomécanique, il finit par se retrouver au milieu d’une tribu d’indiens qui court sans cesse … et sans chaussures. Cet ouvrage est devenu le manifeste des coureurs minimalistes ou bare foot ; on n’est pas obligé d’être convaincu par la thèse à l’issue de cet ouvrage (je laisse le suspens entier) mais on en ressort diverti, instruit et heureux d’y avoir consacré le temps d’un marathon (420 pages).

4. Courir ou Mourir, Kilian Jornet (2011) : http://amzn.to/2hzUqlh

De deux choses l’une, ou vous connaissez Kilian Jornet et vous n’avez aucune excuse de ne pas encore avoir lu le livre (j’ai été sympa, je vous ai mis le lien vers la version poche à moins de 6 Eur), ou vous ne connaissez pas Kilian Jornet et il faut vous accrocher à votre chaise pour aller faire un tour sur internet pour découvrir ses exploits.

En deux mots, quand il veut, il est champion du monde l’hiver de ski alpinisme et l’été de sky running (course en montagne) que ce soit en version courte (kilomètre vertical) ou en version longue (environ quatre vingt kilomètres). Sinon, il gagne toutes les grandes courses du monde (format 160 kilomètres et dénivelé positif cumulé de l’ordre de 10 000 m en général) en battant le record de l’épreuve. Enfin, son défi actuel est Sumits of My Life : établir le record d’ascension de tous les plus grands sommets du monde ; il ne lui reste plus que l’Everest à gravir en courant. Pour le reste, c’est fait. Vous n’y croyez pas ? Ci dessous une petite vidéo sur l’ascension du Mont Blanc en baskets (j’oubliais : ascension aller retour depuis la place centrale de Chamonix en 4h57 !).

Et puisque vous aimez ça, une deuxième vidéo, plus longue :

Le livre n’est pas une enième autobiographie de sportif écrite avec les pieds ou à quatre mains. Plus qu’une relation de ses exploits (comme en ces deux videos), c’est une réflexion autour d’un parcours personnel et sportif à la fois banal et exceptionnel.

5. Autoportarit de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami (2009) : http://amzn.to/2gz5hyg

Moins facile d’abord que les précédents livres cités, cet ouvrage d’un des prétendants au prix Nobel de littérature est, pour qui accepte de s’adonner à la littérature japonaise, un puits sans fond d’humour sur la condition des écrivains et de sagesse sur la pratique de la course à pied.

Haruki Murakami établit un parallèle disymétrique (ben oui, c’est japonais, c’est nuancé, pas manichéen) entre la discipline de l’écrivain et celle du coureur, entre l’inspiration littéraire et le vagabondage des pensées du coureur, entre la perséverance de l’auteur et du marathonien.

Probablement la lecture la plus exigeante de la liste mais, aussi, la plus riche pour qui a le goût des lettres. Rien d’inabordables toutefois ; une lecture au premier degré reste possible, fluide, instructive et distrayante.

6. La solitude du coureur de fond, Alan Stillitoe (1959) : http://amzn.to/2hrvErl

Cette longue nouvelle (70 pages, moins de 5 Euro, ce serait idiot de s’en priver), se lit d’une traite, comme on court un cross d’hiver, et nous laisse autant à bout de souffle et de force qu’un tel effort.

Et pour ceux qui hésite à la lire, il y a le DVD (http://amzn.to/2hio0iw).

La portée du message de cette nouvelle sur la liberté, le libre arbitre, la fidélité à ses racines ou idéaux, la dénonciation du déterminisme social dépasse largement le cadre de la course à pied, discipline que l’auteur détestait par ailleurs (il faudra revenir sur le blog la semaine prochaine pour en savoir un peu plus sur le sujet) !

7. Ultra Marathon Man, Dean Karnazes (2005) : http://amzn.to/2goJnKp

Le soir de son trentième anniversaire, accoudé à un bar où il a trop consommé, Dean se voit inviter à suivre une accorte jeune femme pour finir la soirée en beauté. Dans un sursaut de volonté et, peut être, de dégoût avec ce qu’il est devenu, il rentre chez lui, enfile une paire de baskets et décide de courir 30 miles (plus de 46 km). Au petit matin, au bout de l’effort et de la souffrance, il appelle sa femme pour qu’elle vienne le récupérer.

Depuis, il n’a cessé de courir, beaucoup, de plus en plus, trop. 50 marathons en 50 jours dans 50 Etats américains. Badwater. La Hardrock. Autour de chez lui. Jusqu’à en faire son métier et abandonner une carrière pourtant rémunératrice et prometteuse.

Il est celui qui a popularisé l’ultra running aux Etats Unis grâce à ce livre et ses aventures, décrites avec humour et sincérité dans ce bon livre qui donnera des idées aux plus mordus de distance d’entre nous. Aviez vous pensé à vous faire livrer des pizzas au milieu de nulle part, la nuit, en guise de ravitaillement ? Lui, oui.

La richesse des anecdotes compense plus que largement une écriture basique mais néanmoins efficace. Difficile, une fois qu’on a lu ce livre, de ne pas lire les suivants de Dean Karnazes, véritable phénomène médiatique et sportif Outre Atlantique.

Ne commencez pas, vous ne pourrez plus arrêter !

8. Ultra Ordinaire, journal d’un coureur, Joan Roch (2016) : http://amzn.to/2hikbap

Joan Roch court tous les jours pour aller au boulot et en revenir. Dix kilomètres aller, dix kilomètres retour. A Montréal où les conditions météorologiques peuvent être exigeantes. Et comme il aime ça, il s’adonne le week-end à des ultras marathons. Sans pour autant être un champion.

Beau livre, en simplicité et humilité, qui réussi parfaitement à retranscrire ce qu’est, ou pourrait être, la vie de tous les amateurs de course longue distance. Loin de la performance chronométrique, une satisfaction quotidiennement renouvelée, un mode de vie qui ne perturbe pas la vie (après tout, en semaine, il ne court pas plus de temps que nous en passons en voiture) mais en change la qualité. Un livre qui répond, indirectement, à la question : pourquoi cours tu ?

9. Chéri(e), je pars faire une course, Gérard Ejnès (2013) : http://amzn.to/2hiqSsW

Dictionnaire absurde du footing et du marathon, c’est ainsi que ce livre clin d’oeil se présente. Chaque rubrique est l’occasion de moquer gentillement les superstitions, habitudes, petites trahisons et lâchetés, subtrefuges des coureurs accros qui doivent concilier vie de famille, entraînement, aspirations à la performance -quelle qu’elle soit- et capacités physiques.

Un cadeau parfait pour le coureur persévérant qui trouvera matière à rire dans ce miroir bienveillant.

10. La petite bibliothèque du coureur, Bernard Chambaz (2013) : http://amzn.to/2gznFqw

Et si vous avez déjà tout lu, il vous reste cet ouvrage qui est une compilation de textes sur le sujet de la course à pied ; compilation souvent érudite dans laquelle chacun trouvera des textes à son goût. Ce qui signifie aussi, que chacun en trouvera d’autres moins à son goût. Mais les quelques pépites extraites par chacun, pour soi, justifient pleinement la lecture de ce petit livre.

Bonne lecture, Joyeux Noël.

Le gagnant de « Courir » est …

Bonjour les amis,

Aurélien Gobin a été tiré au sort ; en s’abonnant au blog (pour prise de contact par email et envoi) il recevra « Courir » de Jean Echenoz.

Si dimanche soir il ne l’a pas fait, je procéderai à un nouveau tirage au sort.

Et la semaine prochaine, une nouvelle chronique et un nouveau livre à gagner.

A suivre …

Jeu concours : gagnez « Courir »

Echenoz

Bonsoir les amis,

Comme promis à l’ouverture de ce blog (Cours toujours !), je vous offre, après chaque revue d’un livre, un exemplaire de celui-ci.

Cette semaine, c’est donc Courir, Jean Echenoz.

Pour le recevoir, rien de plus simple : vous partagez ce message sur réseaux sociaux (Facebook ou Twitter ou les deux), vous likez la page Facebook DesLivresPourCourir et vous attendez jeudi 08/12/2016 à 19h que je procède au tirage au sort.

Merci qui ?

Courir, Jean Echenoz

Echenoz

Bonjour les amis,

La première lecture que j’ai choisi de partager avec vous est une biographie romancée de la vie de l’immense champion tchécoslovaque Emil Zatopek, triple médaillé d’or olympique à Helsinki (5.000m, 10.000m et marathon ; Notice Wikipedia).

L’auteur, Jean Echenoz, s’il est une pointure de la littérature, n’est pas une autorité de l’athlé. Cela fait du livre un roman à mettre entre toutes les mains, y compris celles qui n’ont jamais lacé de pointes, griffé le tartan sous les ordres du starter ou épinglé un dossard.

Ce petit livre (140 pages), que même des sportifs peuvent lire, est un condensé d’ironie. A l’ironie de la vie d’Emil Zatopek dont le premier métier sera de fabriquer des chaussures avant d’en devenir grand consommateur, qui ne sera pas mobilisé en temps de guerre mais deviendra soldat dès la paix rétablie, Jean Echenoz ajoute une évocation mordante des conditions matérielles et politiques de la vie quotidienne en Tchécoslovaquie pendant l’ère communiste.

J’ai appris, au fil de la lecture, pèle mêle, qu’Emil Zatopek n’est arrivé à la course à pied que sous la pression de son employeur, qu’il a introduit dans la course de fond le sprint final, inventé l’entraînement fractionné et que la plupart de ses exploits en terre tchécoslovaque ont eu lieu à Ostrava (aucun lien avec Strava).

L’énumération des différentes techniques d’entraînement conçues et testées par Emil Zatopek force l’admiration et laisse rêveur ; entre courir en retenant sa respiration jusqu’à en perdre connaissance et courir dans sa baignoire en foulant son linge, je ne sais dire ce qui m’a le plus interloqué.

J’ai apprécié que le style employé par Jean Echenoz s’accorde à l’idée qu’on se fait du niveau de réflexion d’un athlète ; cela donne au livre un accent d’authenticité qui nous plonge dans le récit. Je ne peux néanmoins m’empêcher de penser que ce snobisme partagé entre auteur et lecteur est probablement malvenu : Emil Zatopek parlait couramment neuf langues.

Enfin, Jean Echenoz a le mérite de suivre Emil Zatopek dans la disgrâce, au fond des mines d’uranium puis dans son emploi d’éboueur -reconnu et acclamé par les habitants- avant une tardive réhabilitation, une fois l’ère communiste consommée.

Et suivre Emil Zatopek, pas grand monde n’en a pas été capable. L’écriture précise, serrée, dynamique de Jean Echenoz est le plus bel hommage qui pouvait être rendu à un maître du mouvement.

« La course de fond est-elle une métaphore de l’écriture (…) ? Qu’importe. La question est ailleurs : pourquoi diable la lecture d’Echenoz – et de Courir singulièrement – nous procure-t-elle une si parfaite jubilation ? » Patrick Kéchichian (Le Monde).

Pour acheter « Courir » chez Amazon, suivre le lien

Les dix meilleurs livres de running … in english

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Bonjour les amis,

Je ne vous ai pas encore dit que ma grand mère maternelle était américaine et que j’ai effectué une partie de mes études aux Etats-Unis. C’est d’ailleurs à cette occasion que j’ai gagné mon seul trophé en course à pied au XXème siècle. J’ai fini troisième de la catégorie junior d’un 20 km sur route : nous étions trois concurrents.

Bref, je lis autant en anglais qu’en français, ce qui me permet de découvrir des livres qui seront traduits plus tard, ou jamais, en français.

Je me propose de vous faire profiter de mes lectures récentes, en vous faisant grâce des livres qui ont été traduits en français et dont je vous parlerai probablement ultérieurement. Cette liste est donc parfaitement subjective (à ceci près, quand même, que je m’étais renseigné sur leur popularité et leurs qualités avant d’acquérir les livres).

Au delà du temps que vous fait gagner cette liste, j’attire votre attention sur le fait qu’elle présente un deuxième intérêt en ce premier jour de l’Avent.

Comme vous l’avez déjà observé, pensant bien faire, famille et amis qui ne courent pas n’ont aucune idée de ce qui vous serait utile ou vous ferait plaisir et finissent par vous acheter un t-shirt technique que vous rangerez parmi vos vingt-cinq autres t-shirt gagnés sur les courses, des chaussettes sympa … avec couture intérieure, etc, etc.

Bref, n’hésitez pas à leur faire suivre cette liste pour qu’ils choisissent un de ces bons bouquins.

Ne me remerciez pas, j’aime vous rendre service, c’est à ça que sert ce blog.

Vous verrez qu’accolé à chaque livre je mets à disposition le lien vers Amazon. Cela a un double intérêt. Pour vous, car vous n’avez pas à effectuer une recherche du livre si vous voulez l’acquérir ou juste lire ce qu’il en est dit. Pour moi, car si vous acquérez le livre en passant par un de ces liens, Amazon me reverse une commission (je ne peux pas vous dire combien, je découvre le principe). Ce n’est pas pour ça que je fais ce blog, mais quitte à ce que vous achetiez un des livres après l’avoir découvert sur le blog, autant que cela permette au blog de payer ses frais d’hébergement.

Après cette longue introduction, voici la liste des dix meilleurs livres de running en anglais.

1. Once a Runner (1978) : http://amzn.to/2gap5Fc

Ce titre figure en haut de la liste pour des raisons objectives et subjectives.

Objectivement, c’est le premier, chronologiquement parlant, à être paru. C’est aussi le premier à avoir été publié à compte d’auteur avant de devenir un livre culte, ce qui le place, semblerait il, en première position, sur longue période, des ventes de  livres de ce genre.

Subjectivement, c’est en écrivant ce résumé que je découvre qu’il a  été écrit en 1978 et non au vingt et unième siècle. C’est dire si l’écriture est de suffisamment bonne qualité pour avoir traversé les décennies sans vieillir.

Subjectivement, toujours, « Once a runner » est un des rares livre qui réussit à re-transcrire l’ambivalence entre la volonté et la nécessité d’être monomaniaque de la course à pied pour prétendre atteindre les sommets et la nécessité de continuer à conduire une vie normale pour préserver un équilibre … nécessaire à la performance.

Comme tous les bons livres, c’est un livre de fiction qui pourra être lu avec plaisir par des nons coureurs.

En deux mots, nous suivons l’évolution d’un jeune coureur américain doué qui souhaiterait courir le mile en moins de quatre minutes, le Graal de la discipline. Nous vivons avec lui l’exigence de l’entraînement à haut niveau et observons comment il tente de trouver un équilibre entre son ambition athlétique et sa vie (une petite amie, l’université, la guerre du Vietnam). Il finira par mettre sa vie entre parenthèse pour préparer la course de sa vie. Pour savoir ce qui se passe après la parenthèse, il faudra le lire …

2. Duel In The Sun: Alberto Salazar, Dick Beardsley and America’s Greatest Marathon (2006) : http://amzn.to/2gLp0sZ

J’ai hésité à inclure ce livre dans la liste, pas parce que sa qualité laisse à désirer mais parce que je ne sais pas trop comment en parler pour réussir à exprimer le plaisir ressenti à le lire.

En deux mots, le livre est centré sur ce que les américains considèrent comme le plus disputé des marathons de Boston (le plus ancien marathon des USA et le plus sélectif), celui de 1983 qui, par son intensité, aura durablement marqué les corps des deux finalistes.

Construit de manière classique, en ce qu’il alterne chapitres descriptifs de la course et flashbacks expliquant le parcours d’un des deux protagonistes, il trouve un bon équilibre entre narration de la course et exposé de la vie de Beardsley, drogué repenti. Et oui, c’est américain, c’est donc aussi une histoire de rédemption.

3. Bowerman and the Men of Oregon (2007) : http://amzn.to/2fUjg0Y

Il s’agit d’une biographie de Bowerman, coach légendaire aux USA (il s’est occupé de Prefontaine et de l’équipe olympique des Etats Unis aux JO de Munich) et co fondateur de Nike. La vie de Bowerman a été suffisamment riche pour faire un bon bouquin.

Cette biographie permet aussi de revisiter l’histoire de l’athlétisme aux Etats Unis : la mise en place du programme d’athlétisme d’Oregon (encore aujourd’hui la référence nationale), la remise en cause du statut d’amateur des coureurs afin qu’ils puissent vivre de leur sport, le mouvement olympique, la naissance du mouvement jogging/running, la naissance et le développement de Nike, les revendications des athlètes noirs, etc, etc.

Bref, beaucoup plus qu’une biographie, c’est un bon descriptif de l’histoire de notre sport aux Etats Unis pendant la deuxième moitié du vingtième siècle.

4. The Perfect Mile: Three Athletes, One Goal and Less Than Four Minutes to Achieve It (2004) : http://amzn.to/2gaBKrU

Fut un temps où courir le mile (1 609 m) en moins de quatre minutes était considéré humainement impossible. Pourtant, suite aux JO de 1952, trois coureurs talentueux et aussi différents les uns des autres que possible (Bannister, étudiant anglais, Landy, fils de famille australien, Wes Santee, arrogant américain) décident de s’attaquer à cette barrière chronométrique.

La relation de cette rivalité sur trois continents est captivante et n’est pas sans rappeler « Les Chariots de Feu » ; c’est dire.

Votre objectif : le lire en moins de quatre heures !

5. PRE: The Story of America’s Greatest Running Legend (1977) : http://amzn.to/2gBETBz

Pendant cinq ans, personne aux Etats Unis n’a pu battre Prefontaine sur piste sur quelque distance que ce soit à partir du mile. A l’âge de vingt-quatre ans, il se tuera dans un accident de la route.

Bref, Pre est le James Dean de l’athlétisme, charme inclus.

Son talent, son charisme, une fin tragique trop tôt arrivée lui ont assuré une place au Panthéon de l’athlétisme américain.

Une bonne biographie.

6. The Silence of the Great Distance: Women Running Long (2000) : http://amzn.to/2fI0cEH

Ce livre évoque l’histoire de la course à pied longue distance féminine dans la deuxième moitié du XXème siècle. Mais surtout, et c’est là sa valeur ajoutée pour vous Mesdames, la narration de la carrière de Stephanie Herbst permet d’évoquer sans détours les risques et dangers d’une trop grande pression externe mais, plus encore, interne.

J’ai hésité avant de lire ce livre, craignant qu’il ne procède d’un artifice marketing courant en matière de course à pied : la promotion de produits spécifiquement féminins. Bien que n’étant pas femme, j’en ai apprécié la lecture et ai retrouvé beaucoup des travers du coureur (même loisir) en matière psychologique. Mais ce qui m’a encore plus frappé, c’est l’adhésion (ressentie à travers les commentaires) des femmes à ce livre, livre qui semble entrer en résonnance avec leur manière spécifique (?) d’internaliser motivation, ambition et pression.

La lecture parfaite pour une ultra runneuse anglophone (ça c’est du ciblage marketing !)

7. Running with the Mind of Meditation: Lessons for Training Body and Mind (2012) : http://amzn.to/2gXZ5Bh

Attention, OVNI (objet visuel non identifié).

J’ai terminé cet ouvrage avant-hier et n’ai donc pas beaucoup de recul. Mon avis gagnera en spontanéité ce qu’il perdra en objectivité et esprit de synthèse.

J’ai spécifiquement acheté ce livre car je cours demain une course de 24 heures et, à quelques semaines de l’échéance, je m’étais fait l’observation que si j’entraînais mes jambes, j’entraînais rarement mon esprit à ce type d’épreuves. Or, courir vingt quatre heures en rond sur un circuit d’un peu plus de un kilomètre, cela demande une capacité de concentration, ou d’abstraction, qui me fait défaut.

A mi lecture, je me suis dit que ce livre n’était pas pour moi car je ne suis pas un adepte, à ce jour, de la méditation. Puis je me suis dit que ce n’était probablement pas pour des non coureurs non plus. Et pourtant, ai je raisonné, le livre se vend et est recommandé ; il doit bien y avoir une raison. Je la cherche encore.

Comprenez moi bien, je ne dis pas que le livre n’est pas agréable à lire, instructif, etc, etc. C’est juste que je ne comprends pas à qui il se vend : y a t il tant de moines boudhistes ultra runners refoulés dans le monde ?

Et puis, petit à petit, je me surprends, en courant, à repenser au livre. Ce qui est assez rare ; habituellement, une fois lus, ils sont rangés dans une case mémoire et n’en ressortent pas.

Bref, si vous courrez, avez l’impression de parfois un peu méditer, involontairement, en le faisant, et que vous voulez en savoir plus, voire progresser, c’est un bon livre. Mais ce n’est ni un roman, ni un guide pratique, ni un essai, ni …  Et pourtant, ça se lit bien.

8. An Accidental Athlete: A Funny Thing Happened on the Way to Middle Age (2011) : http://amzn.to/2fVxoY0

Attention, avis totalement subjectif.

Ce livre est la narration drôlatique de la transformation d’un citadin moderne, fumeur, sédentaire en un coureur sans talent athlétique mais persévérant, ce qui lui permettra de passer du statut de sédentaire au statut de coureur médiocre.

Toute ressemblance avec un auteur de blog intitulé http://www.42ans-42bornes.com serait fortuite.

Ce livre, enlevé, drôle et sensible permet de suivre, sourire aux lèvres, toutes les étapes de la découverte du running, de ses codes et de ses manies et de la transformation physique et mentale qui s’opèrent chez le narrateur.

A mettre entre toutes les mains de coureurs en devenir.

9. Why We Run: A Natural History (2002) : http://amzn.to/2fVGROT

Je ne saurais dire si ce livre est culte ou si il le deviendra, mais il mériterait de l’être.

Un autre titre, qui avait déjà été pris, aurait pu être « La solitude du coureur de fond » ; c’est en tout cas ce qu’on ressent à la lecture du récit de Bernd Heinrich même si ce n’est pas l’objet du livre.

Pour simplifier, car le livre va au delà de cette narration, Bernd Heinrich nous décrit sa préparation pour une course de 100 km (il établira alors le record du monde). Mais au delà de la description de cette préparation et de la course, qui est un morceau de bravoure, il nous livre ses réflexions sur les raisons qui nous font repousser nos limites. Et comme il est à la fois scientifique et philosophe, il nous ouvre, de manière pragmatique, de nombreuses pistes de réflexion originales.

Je vous invite à visionner la brève et belle video ci-après qui met en scène Bernd Heinrich.

10. Swoosh: The Unauthorized Story of Nike and the Men Who Played There (1991) : http://amzn.to/2gCYIZ8

Cette relation de la naissance, du développement, de la crise et de la renaisance de Nike (jusqu’à la fin des années 1980) est passionnante en ce qu’elle décrit la personnalité des fondateurs, leurs intuitions et audaces et la manière dont ce qu’on appelerait aujourd’hui une start up parvient, ou pas, à s’organiser pour devenir un groupe tout en conservant le supplément d’âme qui lui a permis d’émerger, exister, croître.

Ce livre, qui se lit comme un roman, est aussi, au delà de l’histoire de Nike et ses acteurs, un contre manuel de management.

Et voilà, c’est fini.

Dites moi ce que vous pensez de ceux que vous avez déjà lu parmi cette liste..

N’hésitez pas à me poser des questions sur les livres ci dessus mentionnés.

Et enfin, n’hésitez pas à me suggérer des livres qui vous semblent devoir figurer à cette liste.

A suivre …

Jean Echenoz

jeanechenoz

Jean Echenoz est né à Orange (Vaucluse) en 1947. Prix Médicis 1983 pour Cherokee. Prix Goncourt 1999 pour Je m’en vais.

Trois de ses derniers ouvrages, Ravel (2006), Courir (2008) et Des Eclairs (2010) constituent des « fictions sans scrupules biographiques ».

Jean Echenoz a tout d’un coureur.

Son style minimaliste (140 pages pour Courir, comme si les phrases avaient fait des efforts pour atteindre leur poids de forme pour une efficacité maximale), son ironie (Courir, après Je m’en vais ? Des biographies fictives ?) souvent présente chez les forçats du bitume confrontés à l’inanité de leurs efforts, la présence du mouvement dans ses oeuvres seraient susceptibles d’en faire un membre de la confrérie des coureurs.

Mais court il ?

Je n’en sais rien ; je vais le lui demander.